Accueil | Monde | Séisme au Venezuela : le bilan monte à 235 morts

Séisme au Venezuela : le bilan monte à 235 morts


(Photo : afp)

Les recherches effrénées se poursuivent vendredi au Venezuela dans les décombres d’immeubles effondrés pour tenter de secourir d’éventuels survivants, deux jours après un double séisme dévastateur qui a fait au moins 235 morts, selon le dernier bilan officiel.

«Malheureusement, nous avons accueilli environ 235 patients qui sont arrivés sans signes vitaux ou qui sont décédés dès leur arrivée dans nos établissements de santé», a déclaré le ministre de la Santé Carlos Alvarado à la télévision d’État.

Deux Espagnols, un Portugais, deux Brésiliens, un Italo-vénézuélien, deux Chinois figurent parmi les morts. Le ministère des Affaires étrangères espagnol a par ailleurs fait état vendredi matin de 80 Espagnols encore non localisés.

Le séisme a fait également au moins 4 300 blessés à travers le pays, selon le ministre. Mais aussi un Italien, deux Brésiliens et deux Chinois, selon les autorités de leur pays d’origine.

Bâtiments aplatis, montagnes de gravats où des familles en détresse tentent de retrouver des personnes ensevelies : à l’épicentre du tremblement de terre, les équipes ont constaté d’impressionnantes scènes de destruction qui font craindre un bilan bien plus lourd.

La zone la plus durement touchée est celle de La Guaira, au nord de la capitale Caracas, où se trouve l’aéroport international de Maiquetia qui, endommagé, a été fermé, et la ville côtière de Catia la Mar, où plusieurs immeubles se sont écroulés.

Voix d’outre-tombe

Comme celui où habite Antonio Bermudez : «Il y a un endroit d’où une jeune femme appelée Jennifer, du onzième étage, me répond. Mais nous n’avons aucun outil, nous n’avons aucun moyen pour aider» à l’extraire des décombres, explique-t-il.

Sur les réseaux sociaux, des vidéos ont montré des scènes glaçantes de voix comme lieux d’outre-tombe, audibles en certains endroits sous les monceaux de gravats, cris désespérés des enterrés vivants appelant au secours.

Lisbeth Vazquez, 37 ans, raconte comment les siens se sont échappés in extremis par les fenêtres de l’appartement familial lorsque l’immeuble était «en train de s’enfoncer complètement» dans le sol. «C’était terrifiant», dit-elle : «Des voisins des étages inférieurs sont ensevelis, on essaie de les sortir».

«Il ne nous reste plus rien. Rien, pas même la force ni le courage d’entrer là-dedans», soupire Larry Rojas, 49 ans, devant un tas de déclin sous lequel sont ensevelis ses proches.

«On a besoin de gens qui viennent aider. Il y a ici une petite fille qui est coincée depuis hier soir, on peut la sortir, on a besoin d’une pelleteuse», s’écrie désespérément Dani Rizo, un autre habitant du bâtiment, âgé de 48 ans.

L’assistance internationale s’organise. Les États-Unis ont promis une réponse «importante», «rapide et efficace», par la voix de leur secrétaire d’État, Marco Rubio. Le département d’État a également annoncé l’envoi de secouristes et le déblocage d’une aide de 150 millions de dollars. L’armée américaine a fait savoir qu’elle déploierait des navires militaires, des avions et des hélicoptères en soutien aux secours.

Le Brésil à annoncé l’envoi d’aide à son voisin. De même que la Chine, l’Inde, de nombreux pays européens et latino-américains et même l’Iran, un allié traditionnel de Caracas ravagé par la guerre contre les États-Unis et Israël.

«Ça tremble»

La présidente par intérim, Delcy Rodriguez, a décrété l’état d’urgence peu après la double secousse de magnitude 7,2 et 7,5, qui s’est produite mercredi à 18 h 04.

D’après les données du Service géologique des États-Unis (USGS), le tremblement de terre de 7,5 est le plus fort depuis 1900 à avoir frappé le Venezuela, un pays de près de 30 millions d’habitants à l’économie en crise depuis des années.

La première secousse s’est produite à une profondeur de 21,9 km, à environ 200 km à l’ouest de Caracas. Elle a été suivie d’une seconde à 10 km de profondeur, enregistrée 39 secondes plus tard à 45 km de là, puis d’une vingtaine de répliques, selon l’USGS.

Dans la capitale, où de nombreux immeubles se sont effondrés, des rues sont jonchées de débris de verre et beaucoup de gens ont passé la nuit dehors, souvent dans leur voiture, tremblant à chacune des répliques.

Les lieux sinistrés ont également été victimes de pillages. À Catia la Mar, des hommes et des femmes sortaient les bras chargés de sacs remplis de victuailles d’un commerce d’alimentation en partie incendié, ont constaté des journalistes.

Des coupures d’électricité sont signalées et le ministre de l’Intérieur, Diosdado Cabello, a dit avoir ordonné la coupure de l’alimentation en gaz pour «éviter tout accident».

Jeudi matin, quasiment aucun commerce n’était ouvert et la circulation automobile était dense, de nombreux habitants de Caracas cherchant à se refuger loin des immeubles en péril.

«Ça tremble, ça tremble en ce moment», se sont mis à crier au moment d’une réplique les personnes rassemblées autour d’un immeuble déjà à terre.

«Avant même ces séismes, près de huit millions de personnes au Venezuela avaient besoin d’une aide humanitaire», a rappelé le secrétaire général adjoint de l’ONU aux Affaires humanitaires, Tom Fletcher.

Si l’aéroport international de Maiquetia a été fermé en raison de «graves dommages dans ses infrastructures» selon Mme Rodriguez, Caracas pourra disposer de l’aéroport militaire de La Carlota, situé en pleine zone métropolitaine, pour l’aide internationale.

Newsletter du Quotidien

Inscrivez-vous à notre newsletter et recevez tous les jours notre sélection de l'actualité.

En cliquant sur "Je m'inscris" vous acceptez de recevoir les newsletters du Quotidien ainsi que les conditions d'utilisation et la politique de protection des données personnelles conformément au RGPD.