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Séisme au Venezuela : au moins 188 morts et plus de 1 500 blessés


Des secouristes évacuent une personne des décombres d'un immeuble effondré à Caracas, après le séisme de magnitude 7,5 qui a frappé le Venezuela. (Photo : afp)

De nombreux Vénézuéliens tentaient jeudi de secourir des proches pris au piège sous les décombres d’immeubles effondrés, au lendemain d’un double séisme d’une puissance inégalée.

Le tremblement de terre a fait au moins 188 morts, selon le dernier bilan donné par le président du Parlement, jeudi soir. Jorge Rodriguez, qui est aussi le frère de la présidente par intérim Delcy Rodriguez, a en outre parlé de 1 520 blessés et de 157 disparus dans une allocution télévisée.

Bâtiments aplatis ou affaissés, montagnes de gravats où des familles en détresse tentent de retrouver des personnes ensevelies : à l’épicentre du tremblement de terre, d’impressionnantes scènes de destruction faisant craindre un bilan bien plus lourd.

La zone la plus durement touchée est la région de La Guaira, au nord de la capitale Caracas, où se trouvent notamment l’aéroport international de Maiquetia qui a été fermé car fortement endommagé, et la ville côtière de Catia la Mar, où plusieurs immeubles se sont écroulés.

«Il ne nous reste plus rien. Rien, pas même la force ni le courage d’entrer là-dedans», soupire Larry Rojas, 49 ans, devant un tas de décombres dans lequel se trouvent des proches ensevelis. «On a besoin de gens qui viennent aider. Il y a ici une petite fille qui est coincée depuis hier soir, on peut la sortir, on a besoin d’une pelleteuse», a déclaré désespéré Dani Rizo, un autre habitant du bâtiment, âge de 48 ans.

L’assistance internationale s’organise et requerra un «effort collectif massif», prévenait jeudi le responsable de l’aide humanitaire de l’ONU, Tom Fletcher.

Les États-Unis ont promis une réponse «importante, rapide et efficace», par la voix de leur secrétaire d’État, Marco Rubio, et vont «immédiatement» déployer aide et secouristes. La Chine, l’Inde, même l’Iran (un traditionnel allié de Caracas) ravagé par la guerre, ainsi que de nombreux pays de l’Union européenne et d’Amérique latine ont également proposé l’envoi d’équipes de recherche et de moyens médicaux.

En donnant un premier bilan, Delcy Rodriguez, qui a décrété l’état d’urgence, avait parlé d’au moins 164 morts et 971 blessés.

La double secousse de magnitude 7,2 et 7,5 s’est produite mercredi à 18 h 04 (0 h 04 heure luxembourgeoise).

D’après les données du Service géologique des États-Unis (USGS), le tremblement de terre de 7,5 est le plus fort depuis 1900 à avoir frappé le Venezuela, un pays de près de 30 millions d’habitants à l’économie en crise depuis des années. La première secousse s’est produite mercredi à une profondeur de 21,9 km, à environ 200 km à l’ouest de Caracas. Elle a été suivie d’une seconde à 10 km de profondeur, enregistrée 39 secondes plus tard à 45 km de là, puis d’une vingtaine de répliques, selon l’USGS.

Dans la capitale, où de nombreux immeubles se sont effondrés, des rues sont jonchées de débris de verre et beaucoup de gens ont passé la nuit à dormir dehors, souvent dans leur voiture, tremblant à chacune des répliques.

Des vulnérabilités qui s’aggraveront

Les lieux sinistrés ont également été victimes de pillages. Des coupures d’électricité sont signalées et le ministre de l’Intérieur, Diosdado Cabello, a dit avoir ordonné la coupure de l’alimentation en gaz pour «éviter tout accident».

Jeudi matin, quasiment aucun commerce n’était ouvert et la circulation automobile était dense, de nombreux habitants de Caracas cherchant à se réfugier loin des immeubles en péril.

«Ça tremble, ça tremble en ce moment», se sont mis à crier au moment d’une réplique des personnes rassemblées autour d’un immeuble déjà à terre. Certains sont attroupés pour observer les équipes de secours s’activer autour des décombres, d’autres tentent en s’époumonant de localiser les disparus sous la pierraille.

«Avant même ces séismes, près de huit millions de personnes au Venezuela avaient besoin d’une aide humanitaire», a rappelé Tom Fletcher. «Cette catastrophe risque d’aggraver des vulnérabilités déjà existantes», a prévenu le responsable de l’aide humanitaire de l’ONU. «Un soutien international durable aux organisations humanitaires intervenant sur le terrain est essentiel et urgent», a-t-il plaidé.

Si l’aéroport international de Maiquetia a été fermé en raison de «graves dommages dans ses infrastructures» selon Delcy Rodriguez, Caracas pourra disposer de l’aéroport militaire de La Carlota, situé en pleine zone métropolitaine, pour l’aide internationale.

Le séisme a été ressenti jusqu’en Colombie voisine, dans la capitale Bogota, pourtant distante de 1 000 km à vol d’oiseau. Des tremblements de terre ont également été signalés dans plusieurs villes du nord du Brésil.

En 1997, à Cariaco, dans le nord-est du Venezuela, 73 personnes avaient péri dans un un séisme. En 1967, un autre, dans la capitale vénézuélienne, avait fait quelque 236 morts

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