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Pas d’accord avec l’Iran «à n’importe quel prix», prévient Rubio


Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, aux côtés du roi de Bahreïn, Hamad ben Issa Al Khalifa. (Photo : afp)

En tournée dans les pays du Golfe, le secrétaire d’État américain a dit jeudi craindre un «chaos total» si Téhéran rendait payant le passage dans le détroit d’Ormuz.

Marco Rubio ambitionne de rassurer les alliés du Golfe, alors qu’Iraniens et Américains ont débuté la semaine dernière des discussions en Suisse en vue d’un règlement durable de leur conflit, après la signature le 17 juin d’un protocole d’accord.

«Même si nous voulons un accord, nous ne voulons pas d’un accord à n’importe quel prix», a lancé le secrétaire d’État à Bahreïn, devant ses pairs du Conseil de coopération du Golfe (CCG). Il faisait référence notamment à la situation dans le détroit d’Ormuz, point de contentieux majeur : l’Iran réfléchit à l’imposition de «droits de redevance», qui n’existaient pas avant la guerre et auxquels Washington s’oppose.

La situation semble aussi se tendre entre l’Iran et son voisin omanais situé sur l’autre rive du détroit. Oman a annoncé qu’aucun «frais de passage» n’était prévu dans les futurs arrangements relatifs au détroit, évoquant en outre l’ouverture d’un «corridor maritime temporaire», présenté comme une initiative concertée avec l’ONU. Mais les gardiens de la révolution, armée idéologique de la République islamique, ont menacé de répondre par des «mesures appropriées» à toute tentative de traversée sans leur autorisation préalable.

Outre Ormuz, les pays du Golfe, largement ciblés par Téhéran pendant la guerre, s’inquiètent du programme balistique iranien, et du soutien de Téhéran à des groupes armés dans la région, qu’ils voudraient voir abordés dans les pourparlers irano-américains.

«Une paix et une sécurité régionales durables exigent de répondre à l’ensemble des menaces iraniennes», incluant ces questions, ont déclaré les chefs de la diplomatie du CCG dans un communiqué à l’issue d’une réunion avec leur homologue américain, alors que ces sujets ne figurent pas dans le protocole d’accord.

«Nous voulons nous assurer qu’aucune partie de cet accord ne porte atteinte, de quelque manière que ce soit, à la sécurité, à la stabilité ou à la prospérité de l’un de nos partenaires de la région du Golfe», a insisté Marco Rubio.

Israël accusé de «violer» le cessez-le-feu

L’arrêt des hostilités a permis une reprise massive du trafic à Ormuz, où 70 passages ont été recensés mercredi, selon la plateforme de suivi Kpler. Conséquence : les cours du pétrole, qui avaient flambé à cause de sa fermeture, ont brièvement retrouvé leur niveau d’avant-guerre.

Les critiques se multiplient aux États-Unis sur les concessions accordées par Donald Trump, soucieux de mettre un terme à cette guerre impopulaire. La Maison-Blanche a dû demander aux parlementaires une rallonge budgétaire de près de 88 milliards de dollars (77 milliards d’euros), notamment pour reconstituer les stocks de munitions.

Les divergences subsistent aussi sur l’épineux dossier du nucléaire iranien. Téhéran défend son droit à une filière civile complète et a toujours nié vouloir se doter de la bombe atomique, ce que craignent les Occidentaux. L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a assuré mercredi que des inspections en Iran auraient bien lieu, sans fixer de date.

Concernant le Liban, où Israël affronte le Hezbollah pro-iranien et a déployé des troupes dans le sud, l’Iran a imposé qu’il soit inclus dans le protocole d’accord. Mais la formation chiite a accusé mercredi Israël d’une nouvelle «violation» du cessez-le-feu après qu’un drone a fait deux morts dans le sud du pays. Et le porte-parole du gouvernement israélien, David Mencer, a réitéré qu’Israël ne se retirerait du pays voisin qu’après le désarmement du mouvement libanais.

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