L’Office de l’Union européenne pour la propriété intellectuelle a publié ses chiffres sur les contrefaçons en 2025 : au Luxembourg, les pertes sont estimées à 71 millions d’euros, dont les trois quarts dans le secteur de la mode.
Bien que loin des pertes liées aux contrefaçons chez ses voisins (plus de 3 300 millions d’euros en Allemagne, près de 2 000 millions en France, et 325 millions en Belgique), le Grand-Duché a vu des millions d’euros s’envoler à cause des produits contrefaits. Un véritable manque à gagner selon les données de l’EUIPO.
L’industrie de la mode et de l’habillement, étroitement liée aux dessins ou modèles, subit des pertes annuelles estimées à 12 milliards d’euros dans l’ensemble des 27 États membres, tandis que les sacs à main, les bijoux et les montres de contrefaçon coûtent chaque année aux fabricants authentiques environ 2,7 milliards d’euros. «Au Luxembourg, la contrefaçon engendre des pertes annuelles de 50 millions d’euros dans le secteur de l’habillement et de 21 millions dans les secteurs de la maroquinerie, de la bijouterie et de l’horlogerie», précise l’Office de l’UE pour la propriété intellectuelle.
«Les PME sont particulièrement vulnérables à ce type d’atteintes, étant donné qu’elles s’appuient souvent sur un petit nombre de dessins ou modèles de produits distinctifs et qu’elles ont une capacité limitée à contrôler et à faire respecter leurs droits en matière de dessins ou modèles.»
Au-delà de leur incidence économique, les produits de contrefaçon peuvent présenter de graves risques pour la santé et la sécurité des consommateurs et de l’environnement. Souvent, les normes européennes de qualité ne sont pas respectées et certaines recherches tendent même à lier le commerce de produits de contrefaçon aux réseaux criminels organisés, voire au travail forcé ou à des pratiques d’esclavage moderne.
Les jeunes en ligne de mire
Pouvoir d’achat limité et opportunité visible sur les réseaux, le cocktail est réuni pour séduire de plus en plus de consommateurs. Environ 13 % des Européens déclarent avoir acheté intentionnellement des produits de contrefaçon; un chiffre qui atteint 26 % chez les jeunes consommateurs âgés de 15 à 24 ans.
Les contrefaçons qui imitent l’apparence de produits authentiques sont toujours plus répandues, bien aidées par l’expansion du commerce en ligne et l’influence des médias sociaux, notamment sur des objets dont le design est «instagrammable».
En effet, selon le directeur exécutif de l’EUIPO, João Negrão, 76 % des consommateurs de l’UE considèrent le design comme très important lors de l’achat de meubles et 66 % lors de l’achat de vêtements et d’accessoires, un critère aussi important que la qualité et le prix parmi les jeunes générations.