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Une économie luxembourgeoise solide, mais sous pression


(Photo: archives editpress/julien garroy)

Derrière des chiffres de croissance décevants en apparence, l’économie luxembourgeoise a bien résisté début 2026, mais les conséquences du blocage du détroit d’Ormuz assombrissent les perspectives pour le deuxième trimestre.

Au cours des trois premiers mois de l’année, «le PIB du Luxembourg a stagné», pose d’emblée le Statec dans sa dernière conjoncture flash publiée ce jeudi 24 juin. Une performance qui s’explique notamment par une contribution très négative de l’industrie. L’institut souligne en effet que «la valeur ajoutée de l’industrie a apporté une contribution particulièrement négative au résultat d’ensemble», en raison d’«un repli de la production de biens d’équipements» après une fin d’année 2025 exceptionnellement favorable.

En revanche, plusieurs secteurs ont renoué avec une dynamique positive. Le Statec relève ainsi que «certaines branches du secteur marchand (…) ont regagné de la vigueur sur le début de 2026», citant notamment «la construction, le commerce, les services de transport et entreposage ainsi que les activités immobilières».

Ormuz assombrit les perspectives

Les perspectives pour le deuxième trimestre apparaissent moins favorables. Selon le Statec, «les tensions générées par le blocage du détroit d’Ormuz laissent présager une activité peu dynamique au 2e trimestre, et sans doute encore au 3e trimestre».

Depuis le mois de mars, les consommateurs européens ont vu leur confiance se dégrader. Les enquêtes de conjoncture montrent «une baisse marquée du moral des consommateurs, sur fond d’une remontée de l’inflation liée principalement à la hausse des prix des carburants». Le Statec avertit que ces facteurs sont «susceptibles d’impacter significativement à la baisse les dépenses de consommation des ménages».

Le climat des affaires s’est lui aussi détérioré. Selon le communiqué de l’institut, «les indicateurs de confiance des entreprises, en particulier du côté des services, ont aussi dévissé en zone euro depuis mars». Au Luxembourg, «l’indicateur de confiance des services non financiers (…) a affiché un repli marqué en mai», atteignant même «un plus bas depuis 9 mois».

La place financière va mieux

La place financière luxembourgeoise continue néanmoins de bénéficier d’une dynamique favorable. Le Statec souligne ainsi qu’«après avoir brièvement chuté en mars sous l’effet des remous en bourse liés au conflit en Iran, les valorisations et les émissions nettes dans les fonds d’investissement au Luxembourg sont reparties à la hausse au mois d’avril». Les actifs nets affichent ainsi «+15 % sur un an».

Cette progression concerne «presque tous les types de fonds», à l’exception des fonds monétaires et des fonds obligataires libellés en dollars. Le Luxembourg demeure le premier centre européen de domiciliation des fonds avec «24,5 %» des actifs européens sous gestion, même si l’Irlande continue de gagner du terrain.

A noter également qu’au premier trimestre 2026, «les primes d’assurance vie ont progressé de 7,7 % sur un an», une croissance «encore portée par les produits en unité de compte». Les investisseurs étrangers demeurent particulièrement actifs : en 2025, «les primes d’assurance vie versées par les non-résidents avaient augmenté de 14 %».

L’assurance non-vie affiche de son côté un recul apparent. Mais selon le Statec, cette baisse «résulte essentiellement de restructurations survenues en 2025». Corrigée de ces effets exceptionnels, l’activité du secteur affiche «une croissance de 3,5 % sur un an».

Plus d’actifs sur le marché du travail

Le marché de l’emploi présente lui aussi des évolutions contrastées. Le Statec observe ainsi que «le taux d’activité a nettement augmenté au Luxembourg depuis la fin de 2024», ce qui signifie qu’«une part plus importante de la population en âge de travailler participe au marché de travail».

Dans le même temps, le chômage a légèrement progressé. Le taux est passé de «6 % au 3e trimestre 2025 à 6,2 % en mai 2026». Toutefois, le Statec précise que cette évolution «s’explique par l’augmentation du nombre de chômeurs non indemnisés» et suggère que «l’accroissement du chômage résulte en partie de l’inscription à l’Adem de personnes auparavant inactives».

Les mesures tripartites freinent l’inflation

L’accord tripartite conclu en juin devrait contribuer à limiter les effets de la crise énergétique.

Selon le Statec, les mesures du «Resilienzpak 2026» permettront «d’atténuer la progression des prix de l’énergie à 2,3 % en 2026, contre 6,6 % en l’absence de mesures». L’inflation globale serait ainsi ramenée à «2,3 % en 2026», soit «une baisse de 0,2 point de pourcentage par rapport à un scénario sans mesures».

L’institut estime également que ces dispositions «réduisent les risques d’une accélération de l’inflation susceptible d’avancer le déclenchement d’une indexation au 2e semestre 2026».

Une reprise sous surveillance

Malgré les nombreuses incertitudes géopolitiques, le Luxembourg conserve plusieurs moteurs de croissance. Le Statec constate que certaines branches de l’économie ont retrouvé de l’élan et que la place financière continue d’afficher une bonne résistance.

L’institut reste toutefois prudent. Même si «le prix du Brent a reculé d’un pic d’environ 125 USD/baril fin avril à 80 USD mi-juin», il estime que «les effets du choc pétrolier» et les contraintes logistiques liées au détroit d’Ormuz pourraient encore peser sur l’activité dans les prochains mois.

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