De Kiev à Esch, les ombres du conflit poursuivent l’artiste ukrainienne Julia Beliaeva et sa pratique de la céramique. Elle leur dédie sa première exposition solo au Luxembourg, à la Konschthal.
Le ton est donné dès que l’on est devant Fragile City #1 (2023), l’œuvre qui ouvre l’exposition de Julia Beliaeva à la Konschthal Esch, mais aussi la plus imposante : la reproduction, à l’aide de carreaux de porcelaine, d’un immeuble typique des centres-villes ukrainiens, à l’architecture héritée de l’époque soviétique. Un bloc parfaitement symétrique et tristement familier, à voir les épais dégoulinements de peinture noire représentant les frappes qui démolissent régulièrement ces constructions depuis l’invasion russe de 2022 et le début du conflit.
Vision familière, donc, mais pas moins étrange. Aucune porte ne permet l’accès au bâtiment (sur lequel est tagué un «Poutine connard»), et la fresque ornant le mur (autre particularité de ce type de bâtiment) reprend un langage esthétique bien connu, entre folklore et propagande, ici pour raconter le quotidien des soldats ukrainiens au front.
La dernière image de la fresque représente Volodymyr ...
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