Conséquence du passage à 48 équipes et d’un règlement d’une complexité inédite, le tableau des 16es de finale du Mondial restera incertain jusqu’à l’issue de la phase de groupes samedi.
Là où une couronne mondiale passait depuis 1998 par l’enchaînement de sept rencontres – trois matches de groupe puis huitième de finale, quart, demi-finale et finale –, la phase à élimination directe de la Coupe du monde comporte désormais une étape de plus, celle des seizièmes de finale. Quand 32 équipes jouaient le tournoi, les choses étaient simples comme la table de 2 : premiers et deuxièmes de chacune des huit poules de quatre basculaient en huitièmes de finale.
Mais les affaires se corsent dans cette édition où il faut réduire les 48 sélections engagées à 32 en 16es de finale. Outre les deux premiers de chacun des 12 groupes, les huit meilleurs troisièmes disputeront cette phase couperet. Fort logiquement, l’identité de ces huit sélections restera incertaine jusqu’au bout, et aux résultats des derniers matches du premier tour, Jordanie-Argentine à Dallas et Algérie-Autriche à Kansas City, prévus samedi à 21 h locales (dimanche à 2 h, heure de Luxembourg).
L’Argentine est assurée de finir première du groupe J, mais les deux places suivantes se joueront entre l’Autriche et l’Algérie. L’une sera qualifiée d’office en tant que deuxième. L’autre pourrait se qualifier en qualité de troisième, selon son nombre de points au final, comparé à celui des onze autres troisièmes de groupes.
Trois contraintes, 18 pages d’annexe
Pour la suite, rien n’est laissé au hasard mais obéit au contraire à un exercice complexe de calcul de possibilités intégrant les contraintes suivantes : seuls les premiers de huit groupes (A, B, D, E, G, I, K et L) croiseront un des huit meilleurs troisièmes (les quatre autres 16es opposeront les premiers aux deuxièmes des groupes C et F, et des groupes H et J), et un premier ne peut pas affronter un troisième issu de son propre groupe.
Par ailleurs, la Fifa a opté pour un système bloqué où un premier de groupe affrontera un troisième provenant d’une liste fermée de cinq groupes déjà connue, et non pas des huit groupes au final concernés. Sur la base de ces contraintes, la Fifa a produit et publié avant le début de la Coupe du monde un tableau prédéfini qui prévoit 495 combinaisons possibles, selon ceux des 12 groupes qui donneront un meilleur troisième.
Par exemple, si la France sortait en tête du groupe I, par ordre de probabilité, elle pourrait rencontrer le troisième du groupe F (Pays-Bas, Japon, Suède, Tunisie), celui du groupe D, du G, du H et enfin du C, le scénario mathématiquement le moins vraisemblable. Dans le règlement de la 23e édition de la Coupe du monde, il ne faut pas moins de 18 pages d’annexe pour énumérer ces 495 combinaisons. L’une d’elles donnera l’affiche de douze des 16es de finale…