En rémission après un lymphome, Maxine Soudier a créé le podcast Saphir et cancer. Elle interroge anciens patients et soignants pour informer au mieux sur les parcours de chimiothérapie avec, toujours, «un ton léger et un angle positif».
En 2024, Maxine Soudier a 30 ans. On lui diagnostique un lymphome de Hodgkin et elle est hospitalisée en urgence. Visage gonflé, éprouvant des difficultés à respirer, la jeune femme apprend qu’une tumeur de 14 cm s’est formée au niveau de ses poumons.
Après six mois d’une chimiothérapie intensive, la voilà hors de danger. Mais le chemin vers la rémission totale reste long. «C’est un traitement lourd avec beaucoup d’effets secondaires, j’ai fait une anémie, on a dû me mettre sous perfusion…»
Si elle a pu bénéficier de soins de support durant son traitement, Maxine Soudier est formelle : «J’ai découvert beaucoup de dispositifs trop tard, sur la fin du traitement seulement. Je pense à l’art-thérapie notamment, qui m’aurait aidée à faire sortir les émotions très fortes que je ressentais durant cette période.»
C’est donc tout naturellement qu’elle a créé son média pour «informer les personnes qui pourraient suivre une chimio». Elle invite anciens patients et professionnels de santé afin de faire connaître tous les accompagnements qui existent aux potentiels malades.
Kinésithérapeutes, sophrologues, infirmières spécialisées, les spécialistes partagent tous les dispositifs qui existent pour pouvoir soulager les patients souffrant d’un cancer.
«Brouillard cérébral»
«Quand on est sous chimio, on est dans une sorte de brouillard cérébral, on a du mal à réfléchir.» Difficile de se renseigner sur les dispositifs d’aide dans ces conditions et le personnel des hôpitaux doit parfois se focaliser sur le traitement purement médical, quand les patients auraient besoin d’être orientés vers des services complémentaires.
Surtout, Maxine Soudier s’assure de garder un angle positif dans son podcast. «Je veux partager les bons points. Souvent, les anciens patients apprennent à davantage s’écouter, à prendre leur temps et à moins se prendre la tête.»
Saphir et cancer ne génère pas de revenus à la Thionvilloise, «mais ça ne me coûte rien non plus», assure-t-elle. Grâce aux studios accessibles à tous les abonnés de Puzzle, elle a accès à trois caméras et à des micros de qualité pour réaliser son podcast à moindre coût.
À part une aide technique pour mettre en place l’enregistrement, Maxine Soudier assure l’intégralité de la production seule. «Je regarde des tutoriels sur YouTube pour apprendre. J’ai fait un générique, je mets des effets, des transitions, j’apprends le montage…»
Peu de soutien pour les aidants
Concernant les patients, la Thionvilloise considère que le problème principal est un manque d’information sur les dispositifs existants. Elle déplore également que peu de structures existent pour les proches aidants, pourtant très affectés.
La première saison de son podcast se terminera fin juin, une fois les douze épisodes publiés.
Maxine reprendra la publication en septembre pour une deuxième saison. Entretemps, une minisérie d’été avec des épisodes plus courts d’une dizaine de minutes fera patienter son public jusqu’à la rentrée.
(Le Républicain lorrain)