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Trump ne veut pas froisser Kim Jong Un


Pour Trump, ces manœuvres adressaient «un signal totalement inapproprié et hostile» à la Corée du Nord. (Photo : afp)

Le président américain a décidé de réduire la participation de son armée à de grandes manœuvres organisées avec la Corée du Sud.

Donald Trump a annoncé «réduire considérablement» la participation des États-Unis aux manœuvres militaires annuelles avec la Corée du Sud avant leur coup d’envoi lundi, invoquant en particulier sa «très bonne relation» avec Kim Jong Un.

Mais les autorités sud-coréennes ont précisé que ces exercices avaient commencé «comme prévu», Séoul espérant dans le même temps que l’entente personnelle entre le président américain et le dirigeant nord-coréen conduira à «un dialogue constructif» propice à des négociations.

L’édition 2026, programmée pour durer 11 jours, doit notamment prendre en compte l’expérience acquise par les forces nord-coréennes aux côtés des Russes sur le front ukrainien.

L’annonce de Donald Trump, dimanche, sur sa plateforme Truth Social, s’inscrit dans la longue liste des camouflets qu’il a infligés à des alliés historiques de Washington depuis son retour à la Maison Blanche en 2025. Déjà, au cours de son précédent mandat, après sa première rencontre avec Kim Jong Un en juin 2018 à Singapour, il avait dit que les États-Unis suspendraient les manœuvres «provocatrices» avec la Corée du Sud.

«La Chine et la Russie observent avec quelle facilité le président abandonne les alliés de l’Amérique et elles s’en souviendront la prochaine fois qu’elles nous mettront à l’épreuve», a à cet égard réagi lundi le sénateur américain Jack Reed, le principal membre démocrate de la commission des forces armées, qui a qualifié cette décision de «stupide et incohérente».

Dans son message, Donald Trump explique avoir ordonné au secrétaire à la Défense Pete Hegseth de «réduire considérablement» les exercices américano-sud-coréens car il était trop tard pour les annuler. Il a jugé qu’ils étaient «coûteux» et qu’ils adressaient «un signal totalement inapproprié et hostile» à la Corée du Nord. Un pays qui, «depuis que Donald Trump est président, s’est montré non menaçant et respectueux», a-t-il ajouté à la troisième personne.

Près de 50 000 soldats

Baptisées «Ulchi Freedom Shield», ces manœuvres annuelles doivent en principe mobiliser 18 000 militaires sud-coréens ainsi que des effectifs issus du contingent américain de 28 500 hommes présent en Corée du Sud. Rendez-vous estival régulier pour les armées sud-coréenne et américaine, ces exercices sont conçus pour renforcer la défense contre la Corée du Nord, qui est dotée de l’arme nucléaire et qui multiplie les essais de missiles.

Ces manœuvres devaient être placées cette année sous le signe de l’aguerrissement dont les soldats envoyés par Pyongyang ont bénéficié sur le front ukrainien, dans le cadre d’un rapprochement stratégique avec Moscou. «Ils en ont tiré des enseignements et les ont rapportés en Corée du Nord», avait averti le 10 août le colonel Ryan Donald, porte-parole du Commandement combiné des forces américaines et sud-coréennes. «Cela modifie les capacités de la RPDC (NDLR : la République populaire démocratique de Corée) et notre entraînement prend en compte cette menace», notamment en matière d’usage de drones, de cyberattaques et de brouillage GPS, avait ajouté l’officier.

Le chef de l’État ukrainien Volodymyr Zelensky a récemment accusé Pyongyang de se préparer à dépêcher entre 30 000 et 50 000 militaires supplémentaires pour appuyer l’armée russe, sans fournir l’origine de ces chiffres ni dire précisément quand cela pourrait se passer. Dimanche, les médias d’État nord-coréens ont souligné que Kim Jong Un s’était dit «fier» de sa relation avec la Russie, dans une lettre au président Vladimir Poutine.

Sur Truth Social, Donald Trump a également argumenté la réduction qu’il a annoncée de la voilure américaine par la non-participation de la Corée du Sud aux opérations militaires américaines contre l’Iran. «J’ai récemment demandé au président de la Corée du Sud s’ils voudraient se joindre à nous dans la dénucléarisation de la République islamique d’Iran et ils ont dit « Non merci! »», a écrit le président américain.

Considéré comme conciliant envers la Corée du Nord, son homologue sud-coréen Lee Jae-myung a pris le contrepied de son prédécesseur, connu pour sa fermeté, depuis qu’il a pris ses fonctions en juin 2025, proposant à Pyongyang des pourparlers sans conditions préalables. Mais les autorités de Corée du Nord n’ont pour l’instant pas donné suite à ces offres répétées.

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