Le Premier ministre et les ministres de tutelle ont livré ce mardi des détails chiffrés de l’accord tripartite, baptisé «Paquet résilience». Selon leur niveau de revenu et les spécificités de leur ménage, les citoyens gagneront plusieurs centaines d’euros en pouvoir d’achat.
Au lendemain de la signature de l’accord, le gouvernement a dévoilé l’apport des différents leviers activés, qui auront un coût estimé de quelque 430 millions d’euros pour l’État : 180 millions d’euros en 2026 et 250 millions d’euros en 2027.
Prix de l’énergie
La baisse des prix des différentes sortes d’énergie – le diesel et l’essence du 1er juillet au 31 décembre (-5 centimes d’euro/litre); le gaz (-15 centimes d’euro/m3), le mazout (-15 centimes d’euro/litre) et l’électricité (-4 centimes d’euro/kWh) à partir du 1er août – représente une enveloppe de 60 millions d’euros.
Gaz et mazout
Un ménage avec une consommation de mazout moyenne pourra épargner jusqu’à 150 euros entre août et fin décembre. Le même montant est d’application pour une consommation moyenne de gaz.
Électricité
Un ménage type chauffant avec une pompe à chaleur, alimentée par électricité, va être soulagé de 217 euros.
Précision sur l’électricité : en supplément des 4 centimes d’euro, continue d’être appliquée la baisse des tarifs en raison de la prise en charge par l’État d’une partie des frais de réseau. La subvention totale pour un ménage moyen sera donc de 11,3 centimes d’euro/kWh.
Carburants
L’épargne sur les automobilistes roulant au diesel ou à l’essence dépend de leur style de conduite et du volume kilométrique mensuel.
Salaire minimum
L’autre mesure phare du «Paquet résilience» est l’augmentation nette, courant 2027, du salaire minimum non qualifié.
Au 1er janvier, le salaire net va augmenter de 182 euros pour atteindre 2 629 euros nets par mois, contre 2 447 euros actuellement. Au 1er juillet 2027, le gain net sera de 203 euros par mois, soit 2 650 euros.
La décision de financer cette hausse via un crédit d’impôt fait que les personnes touchant jusqu’à 3 600 euros bruts vont aussi profiter d’une revalorisation de leur salaire.
Les bénéficiaires du salaire minimum qualifié (2 749 euros nets actuellement) vont toucher 106 euros nets de plus au 1er juillet 2027 (2 899 euros).
À partir de 3 000 euros de revenu brut, le gain se veut dégressif :
- 3 000 euros : 112 euros nets
- 3 100 euros : 93 euros nets
- 3 200 euros : 73 euros nets
- 3 300 euros : 54 euros nets
- 3 400 euros : 33 euros nets
- 3 500 euros : 15 euros nets
- 3 600 euros : 12 euros nets
Le coût pour l’État se chiffre à 120 millions d’euros pour 2027.
Crédit d’impôt «conjoncture»
L’ensemble des salariés, fonctionnaires pensionnés et indépendants va profiter d’un ajustement du barème d’imposition à hauteur d’une tranche indiciaire, qui s’appliquera, de manière rétroactive, du 1er juin dernier au 31 décembre prochain.
Le coût : 70 millions d’euros pour 2026 et 120 millions d’euros pour 2027, où l’ajustement produira son plein effet.
Les gains pour les sept mois à venir varient entre 59 euros nets (8,5 euros par mois) pour les personnes touchant le salaire minimum et 168 euros (24 euros) pour celles gagnant entre 10 000 et 12 000 euros bruts par mois.
En détail :
- 2 700 euros bruts : 59 euros nets
- 3 000 euros bruts : 75 euros nets
- 3 250 euros bruts : 88 euros nets
- 4 000 euros bruts : 128 euros nets
- 5 000 à 9 000 euros bruts : 154 euros
- 10 000 à 12 000 euros : 168 euros
Avec les 7,5 tranches indiciaires compensées depuis janvier 2024, les contribuables ont payé 20,35 % d’impôts en moins.
Transition énergétique
Entre le 1er janvier 2026 et le 30 juin 2027, de manière rétroactive, l’État subventionnera avec 2 000 euros de plus l’installation de pompes à chaleur dans les bâtiments existants.
Actuellement, la prime varie entre 5 000 euros (air/eau) et 8 000 euros (géothermie).
Le soutien financier pour les mesures d’assainissement énergétique passera de 15 à 20 % du 1er janvier 2026 au 30 juin 2027.
S’y ajoute une augmentation supplémentaire temporaire pour le conseil en énergie de 300 euros pour une maison unifamiliale, voire de 500 euros pour un immeuble collectif.
Finalement, le leasing social est avancé au 1er janvier 2027, soit un dispositif pour permettre aux ménages aux faibles revenus de se doter d’une voiture électrique.
Le coût pour l’État sera de 5 millions d’euros pour 2026 et de 2,5 millions d’euros en 2027.
Logement
Le montant maximal du remboursement applicable en matière de la TVA à taux super-réduit sera doublé, passant de 50 000 euros à 100 000 euros.
La limite d’âge de 40 ans applicable pour le doublement des cotisations déductibles en lien avec les contrats d’épargne-logement sera supprimée.
L’État table sur un déchet fiscal de 10 millions d’euros en 2027.
Entreprises
Les entreprises actives dans le transport de marchandises (route et rail) vont bénéficier d’une aide financière de l’État équivalant à 70 % du réel surcoût lié aux carburants. La comparaison est faite sur la période de mars à décembre 2026 par rapport à la même période 2025.
Au Luxembourg, quelque 230 entreprises sont éligibles.
Le gouvernement débloquera 40 millions d’euros.
Agriculture
Les exploitations agricoles bénéficieront d’une enveloppe de 5 millions d’euros pour atténuer le surcoût de plus de 50 % des engrais.
Le budget investi sera de 5 millions d’euros en 2026.