En visite de travail au Luxembourg, le ministre lituanien de la Défense a décidé de renforcer sa coopération technologique avec le Grand-Duché.
C’est l’un des pays européens les plus proches de la Russie. La Lituanie, membre de l’OTAN, est frontalière d’une exclave russe située au bord de la mer Baltique, l’oblast de Kaliningrad. Une situation particulière qui la place en première ligne des tensions entre la Russie et l’Ukraine.
Depuis plusieurs années, le pays subit de plein fouet les effets collatéraux de la guerre en Ukraine, notamment l’incursion de drones russes sur son territoire. En mai dernier, le ministre lituanien de la Défense, Robertas Kaunas, avait d’ailleurs invité les habitants de la capitale lituanienne, Vilnius, à se mettre à l’abri en raison de l’activité suspecte d’un drone.
Face à cette menace, le pays a décidé de consacrer, cette année, 5,4 % de son produit intérieur brut à sa défense.
En visite de travail au Luxembourg, le ministre lituanien a de nouveau évoqué ce danger qui pèse sur son pays et les États baltes. «C’est une nouvelle réalité et nous vivons dans celle-ci. Nous devons donc construire les capacités pour, d’abord, détecter les flux de drones et utiliser des intercepteurs ou d’autres types d’armes pour les intercepter. Nous travaillons conjointement avec l’Ukraine, les membres de l’OTAN et le Luxembourg pour créer les armes nécessaires», a-t-il déclaré à l’occasion d’un point presse organisé à la Chambre des députés.
Alors, comment le Grand-Duché peut-il aider la Lituanie? «Aujourd’hui, j’ai été informé que la Lituanie était l’un des premiers membres à utiliser la communication satellitaire du Luxembourg. C’est une technologie qui nous aide beaucoup», indique Robertas Kaunas.
Une technologie qui sera intensifiée puisque la ministre de la Défense, Yuriko Backes, a décidé de renouveler cette coopération. «Nous avons signé une lettre d’intention avec la Lituanie pour renforcer notre collaboration en matière de capacités de communications satellitaires. C’est un domaine où le Luxembourg a une valeur ajoutée et une expérience. Nous continuerons par la suite à développer notre collaboration dans le domaine des communications terrestres.»
Des soldats luxembourgeois déployés sur le flanc Est
Au-delà de leur coopération technologique, la Lituanie et le Luxembourg entretiennent également des liens très étroits sur le plan militaire. En Lituanie, sept militaires luxembourgeois sont membres des Forward Land Forces de l’OTAN. Dans cette base située à Rukla, environ 1 200 soldats issus de ces pays européens défendent le territoire des membres de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord.
Sous commandement allemand, ces militaires forment depuis 2017 un groupement tactique multinational (en anglais, Battlegroup) en réaction à l’annexion de la Crimée par la Russie (2014). Ce groupe armé est appelé à intervenir sur le terrain si un allié de l’OTAN subit une attaque. «Notre présence sur le flanc Est est très importante face à la menace russe (..). Mais, pour le moment, cette présence restera stable en Lituanie. Nous allons, en revanche, renforcer notre contingent en Roumanie», précise-t-elle.
Bien que leur situation géographique et économique diffère, le Grand-Duché peut-il s’inspirer de son allié en matière de défense? «Il y a de nombreux domaines où nous pouvons continuer de travailler ensemble. Nous tirons tous des enseignements du conflit en Ukraine, mais nous pouvons aussi échanger de manière bilatérale sur les drones. Aujourd’hui, on ne peut concevoir les conflits du futur sans ces outils. Nous investissons dans ce domaine et comptons partager nos expertises», conclut Yuriko Backes.
Pour rappel, la ministre de la Défense luxembourgeoise avait détaillé fin mai sa trajectoire budgétaire en matière de défense. Celle-ci prévoit une hausse progressive des dépenses militaires de 0,1 % par an jusqu’en 2029.