Accueil | Sport international | Mondial-2026 | [Football] Daniel Bertoni : «La chose qui peut tuer l’Argentine, c’est…»

[Football] Daniel Bertoni : «La chose qui peut tuer l’Argentine, c’est…»


Bertoni et le trophée, comme en 1978. (Photo : afp)

L’un des buteurs de la finale 1978 contre les Pays-Bas (3-1 ap) parle du champion en titre.

Comment voyez-vous l’Argentine aborder ce Mondial, dans un groupe avec l’Algérie, l’Autriche et la Jordanie?

Daniel Bertoni : Si l’on croit qu’on va redevenir champions juste sur notre nom et ce qu’on a accompli, c’est une erreur. La chose qui peut vraiment tuer l’Argentine, c’est l’attachement du sélectionneur envers les joueurs qui l’ont rendu champion du monde.

Comment un joueur gère-t-il la pression de défendre un titre mondial?

C’est une grande pression (…) Tout dépend de l’état du groupe et de la capacité du sélectionneur à faire coexister deux réalités : faire comprendre aux joueurs qu’ils sont champions du monde en titre, mais qu’il faudra aller le défendre sérieusement. Au Mondial-1982 (NDLR : où l’Argentine fut éliminée au second tour de groupe avant les demi-finales) on avait cru que, parce qu’on était champions du monde, on pouvait confirmer ce titre, avec Maradona et d’autres nouveaux joueurs. Mais c’est toujours difficile, tout le monde veut gagner.

À bientôt 39 ans, Lionel Messi pourra-t-il être décisif?

Il faut voir comment il arrive physiquement. Il ne joue plus dans un football de haute compétition (NDLR : en MLS), c’est un football qui tient beaucoup du spectacle (…) Et manquera Angel Di Maria, qui après Messi a été crucial au Mondial-2022.

Le football, sa tactique, sa technologie, sa préparation, a progressé. Que reste-t-il de la qualité des joueurs?

Il y a des joueurs de très grande classe. Le problème, c’est que le football d’aujourd’hui, dit moderne, est très physique, et la chose que l’on cherche avant de construire, c’est détruire. Et on détruit déjà par la façon dont on sort presser l’adversaire (…) Chacun voit comment il peut briser les schémas tactiques. Mais le football restera dirigé et défini par les grands joueurs : ceux qui savent dribbler, qui savent se déplacer.

Le Mondial-1978 en Argentine était entaché par le contexte de la dictature militaire. Le Mondial-2026 a aussi ses polémiques extrasportives. Comment des joueurs peuvent-ils faire abstraction?

Nous, à l’époque, on ne savait pas vraiment ce qui se passait dans le pays. On savait qu’il y avait un gouvernement militaire néfaste, une sorte de guerre de guérillas, mais on n’avait pas conscience des disparus, on l’a appris plus tard, avec le temps. Je pense que les joueurs vont à un Mondial pour jouer et montrer ce qu’ils savent faire. On est des athlètes, et en tant qu’athlètes, on n’est responsables que de ce qu’on fait sur le terrain.

Newsletter du Quotidien

Inscrivez-vous à notre newsletter et recevez tous les jours notre sélection de l'actualité.

En cliquant sur "Je m'inscris" vous acceptez de recevoir les newsletters du Quotidien ainsi que les conditions d'utilisation et la politique de protection des données personnelles conformément au RGPD.