C’est signé. Le gouvernement et les partenaires sociaux ont scellé ce lundi en fin d’après-midi l’accord tripartite durement négocié la semaine dernière. Davantage de détails du «Paquet conjoncture», notamment les leviers pour freiner les prix de l’énergie, sont désormais connus.
L’ultime défi de cette tripartite consacrée à la crise provoquée par la guerre au Moyen-Orient était la rédaction de l’accord de principe trouvé jeudi soir. Durant tout le week-end, les tractations «intenses» se sont poursuivies pour bien mettre sur papier tous les détails arrêtés.
Selon Patrick Dury, le président du LCGB, les échanges de documents ont duré jusqu’à tard dimanche soir avant de reprendre ce lundi matin. Un texte final a finalement pu être soumis aux instances décisionnelles des syndicats OGBL, LCGB et CGFP et aussi à l’union patronale UEL. Chaque camp a donné son feu vert à l’unanimité.
La signature formelle du «Paquet conjoncture» est intervenue sur le coup de 16 h 30 au ministère d’État.
Pour rappel, les priorités sont de freiner l’inflation et de maintenir le pouvoir d’achat, protéger l’emploi et les entreprises, et accélérer la transition vers les énergies renouvelables.
Une inconnue était l’ampleur et la durée du frein décidé pour éviter que les prix de l’énergie s’envolent et provoquent une inflation galopante.
De juillet et août à fin décembre
Il est concrètement prévu que l’État prenne temporairement en charge le surcoût des prix des carburants : -5 centimes d’euro par litre pour l’essence et le diesel (du 1er juillet au 31 décembre 2026) et -15 centimes d’euro par litre pour le mazout (à partir du 1er août)
Il est à préciser que la baisse des prix des carburants ne s’appliquera plus si les prix repassent en dessous des prix applicables avant le 1er février dernier, soit 1,53 euro le litre pour le sans-plomb 98, 1,43 euro pour le sans-plomb 95 et 1,41 euro pour le diesel.
Ce mardi, le litre de diesel baissera légèrement (-2,9 centimes d’euro) à 1,753 euro. Le sans-plomb 95 passe à 1,701 euro (-1,9 centimes d’euro) et le sans-plomb 98 stagne à 1,848 euro.
Le mazout est aussi en légère baisse à 1,189 euro (-2,7 centimes d’euro).
Électricité et gaz baisseront aussi
Comme annoncé, l’État va aussi alléger la facture de gaz des ménages avec une subvention de 15 centimes d’euro/m3.
Le prix de l’électricité pour les ménages va lui baisser de 4 centimes d’euro/kWh. Cette réduction s’ajoute à la prise en charge des frais de réseau par l’État déjà en vigueur.
Les deux mesures seront en vigueur du 1er août au 31 décembre de cette année.
Hausse du salaire minimum en deux étapes
Davantage de détails sont aussi connus sur la hausse de 200 euros nets du salaire minimum.
Une première tranche de 105 euros sera due au 1er janvier 2027, et une seconde tranche de 98 euros via un crédit d’impôt sera accordée à partir du 1er juillet 2027.
Baisse de la charge fiscale
À partir du 1er juin et jusqu’au 31 décembre est également versé un crédit d’impôt équivalant à 2,5 %, soit une tranche indiciaire, pour baisser la charge fiscale. Cette mesure profitera à l’ensemble des contribuables.
Plus d’argent pour la transition énergétique
Jusqu’au 30 juin 2027, l’État va subventionner à hauteur de 2 000 euros l’installation de pompes à chaleur.
La subvention du conseil en énergie sera augmentée à 300 euros pour une maison unifamiliale et à 500 euros pour un immeuble collectif. Le soutien financier pour les mesures d’assainissement énergétique passera de 15 à 20 %, toujours jusqu’au 30 juin 2027.
Le leasing social, qui vise à soutenir les ménages aux faibles revenus pour se doter d’une voiture électrique, va s’appliquer à partir du 1er janvier prochain.
Logement
Le montant maximal du remboursement applicable en matière de la TVA à taux super-réduit sera doublé de 50 000 euros à 100 000 euros.
La limite d’âge de 40 ans applicable pour le doublement des cotisations déductibles en lien avec les contrats d’épargne-logement sera supprimée.
Aides pour les entreprises
L’accord final livre toujours peu de précisions sur les aides d’État supplémentaires pour les différentes branches économiques particulièrement touchées par la crise. La logistique et l’agriculture doivent notamment en profiter.
Le secteur agricole pourra notamment profiter d’une aide financière pour compenser les surcoûts des engrais en 2026.
Un coût de 450 millions d’euros
L’ensemble des mesures financées par l’État va se chiffrer à quelque 450 millions d’euros sur une durée de deux ans.
Le Premier ministre, Luc Frieden, va présenter ce mardi l’accord tripartite devant la Chambre des députés.