Interrogée sur une éventuelle pénurie de personnel dans les prisons du pays, la ministre de la Justice, Elisabeth Margue (CSV), souligne une hausse importante des effectifs, tout en reconnaissant les difficultés de recrutement liées aux exigences du métier.
Il y a tout juste deux mois, alors que quatre gardiens de prison ont été victimes d’agressions, d’autres ont été confrontés à des menaces et insultes. Des conditions de travail qui se détériorent «à un rythme inquiétant» et qui mettent en péril leur sécurité au quotidien, s’était inquiétée l’association des agents pénitentiaires dans nos colonnes.
Pourtant, face à ce constat, la ministre de la Justice l’assure : les effectifs des agents pénitentiaires ont fortement progressé au Luxembourg ces dernières années. Chiffre à l’appui, elle indique que le nombre d’agents pénitentiaires affectés aux établissements du pays est passé de 331 en 2020 à une prévision de 582 agents au 1er août 2026.
Cette évolution s’explique notamment par l’ouverture du centre pénitentiaire d’Uerschterhaff (CPU), qui a entraîné une «réorganisation progressive des effectifs auparavant rattachés au centre pénitentiaire de Luxembourg (CPL)».
La ministre précise également que de nouveaux recrutements sont programmés cette année. Trente-six agents supplémentaires sont ainsi prévus pour renforcer les effectifs des centres pénitentiaires de Luxembourg, d’Uerschterhaff et de Givenich.
À cela s’ajoutent environ vingt recrutements destinés à préparer l’ouverture du futur centre pénitentiaire pour mineurs. Une première vague devrait permettre l’entrée en service de 24 nouveaux agents au 1er août 2026, «sous réserve de la réussite des procédures de sélection».
Plus de 800 détenus dans le pays
Parallèlement, la population carcérale a également évolué. Selon les moyennes journalières annuelles communiquées par le ministère, le nombre total de détenus est passé de 548 en 2020 à 815 en mai 2026. Les trois établissements pénitentiaires du pays accueillaient alors respectivement 387 détenus au CPL, 66 au centre pénitentiaire de Givenich et 362 au CPU.
Concernant la formation du personnel, 26 agents pénitentiaires se trouvent actuellement en période de stage.
Interrogée sur les difficultés de recrutement, Elisabeth Margue souligne que le travail en milieu pénitentiaire constitue «un environnement professionnel particulier et exigeant». Elle explique que les missions confiées aux agents nécessitent «des compétences humaines et professionnelles avérées, ainsi qu’une aptitude à faire face à des situations complexes et sensibles».
La ministre rappelle également que la sélection des candidats comprend une épreuve écrite, des tests psychologiques et un entretien individuel. Si le nombre de candidatures peut être considéré comme suffisant, elle constate qu’«une proportion significative de candidats ne satisfait pas aux critères requis», ce qui conduit à leur exclusion au cours de la procédure.
Enfin, Elisabeth Margue relève que le recrutement des agents pénitentiaires s’effectue dans «un contexte de concurrence accrue avec d’autres administrations publiques», un facteur qui contribue également aux difficultés rencontrées pour pourvoir certains postes.