Ses lésions étaient trop graves, le jeune Talangeois était maintenu en vie grâce à des appareils. Mardi matin, son décès a été déclaré à l’hôpital messin de Mercy. Samedi, la victime et l’un de ses cousins avaient été agressés sur la place de la République de Metz. Mardi soir, un rassemblement s’est tenu non loin des lieux du drame.
ll était maintenu en vie grâce aux machines. Mais la terrible décision a dû être prise : le jeune homme de 19 ans qui se trouvait en état de mort cérébrale depuis son lynchage, samedi à Metz, est décédé mardi matin. Dans cette triste affaire, un homme de 27 ans et son neveu de 20 ans ont été mis en examen et écroués lundi pour tentative de meurtre et violences volontaires ayant entraîné une incapacité totale de travail (ITT) inférieure ou égale à huit jours. Le tout avec la circonstance aggravante d’avoir agi en état d’ivresse manifeste. La qualification pénale va forcément changer avec le décès de la principale victime.
«Il avait des rêves, des projets»
Selon les proches de Noahm, qui vivait à Talange avec son cousin lui-même agressé samedi matin, le jeune majeur a été passé à tabac en raison de son homosexualité. Cependant, à ce stade des investigations, le caractère homophobe du crime n’a pas été retenu. Ce déchaînement de violences serait survenu «pour un motif futile sur fond d’alcoolisation massive», a indiqué David Touvet, le procureur de la République.
Mais pour l’association parisienne STOP homophobie et l’association messine Couleurs gaies, le décès du Talangeois en raison de son orientation sexuelle est établi. Couleurs gaies a d’ailleurs organisé un rassemblement ce mardi soir au pied de la colonne de Merten, non loin des lieux du drame. Un rassemblement de soutien à Noahm devenu un moment d’hommage (le rendez-vous avait été fixé avant l’annonce du décès), où quelques-uns se sont exprimés devant les 250 personnes présentes pour honorer la mémoire du Mosellan.
À l’image de Nabil, un autre cousin de Noahm, lui aussi victime d’une agression homophobe «il y a deux semaines à Hagondange». L’homme de 31 ans déclare devant la foule : «Avant d’être un dossier ou un fait divers, Noahm était un jeune de 19 ans. Il avait des rêves, des projets, une famille qui l’aimait et toute une vie devant lui.»
«Il n’y a pas eu de rixe»
Dans les rangs des anonymes, la seconde victime des violences de samedi matin, qui s’est fait molester, présente encore les stigmates de son agression. Le bracelet bleu de l’hôpital au poignet, Idriss (prénom modifié) confie : «Noahm avait le cœur sur la main. Je vivais avec lui à Talange et il s’occupait de nos grands-parents, de notre grand-mère. C’était un soleil. C’était mon cousin mais je le considérais comme mon petit frère.»
Forcément traumatisé, le jeune homme de 21 ans ne veut pas s’exprimer sur cette nuit où tout a basculé. «Je peux juste vous dire que les choses relatées dans la presse, ça ne s’est pas passé comme ça. Il n’y a pas eu de rixe, il n’y a pas eu de coups échangés. Ce sont eux (les mis en cause) qui se sont jetés sur nous, c’est nous qui avons été frappés.»
Parmi les sympathisants de la cause LGBT, Frédéric, 39 ans, murmure : «On a de plus en plus peur de sortir le soir. Je me retourne dans la rue pour vérifier que l’on ne va pas me frapper. Tenir la main de mon compagnon, c’est même pas envisageable…»
G. I.
(Le Républicain Lorrain)