Accueil | A la Une | Tripartite : des freins sur les prix de l’énergie sur la table

Tripartite : des freins sur les prix de l’énergie sur la table


Le Premier ministre, Luc Frieden, a présenté les conclusions de la première journée de tractations en présence des syndicats et du patronat. (Photo : fabrizio pizzolante)

Rien n’est encore décidé, mais le gouvernement a soumis, ce mardi en ouverture de la tripartite, des mesures pour agir sur les prix de l’énergie et, par ricochet, sur l’inflation galopante. Les mesures doivent à la fois profiter aux ménages et aux entreprises.

Au bout d’une réunion de près de quatre heures, le Premier ministre, Luc Frieden, a pu rendre compte «de très bons et très constructifs pourparlers» avec les syndicats et le patronat. L’Union OGBL-LCGB et l’Union patronale UEL ont confirmé que les échanges pour amortir les effets de la guerre au Moyen-Orient ont connu un bon départ.

«Notre souci partagé est d’amortir au mieux les conséquences de cette guerre sur les gens et sur la compétitivité entreprises», a une nouvelle fois souligné le Premier ministre.

En amont de ce réel début des négociations tripartites, les partenaires sociaux – OGBL, LCGB, CGFP, UEL et Chambre d’agriculture – avaient soumis au gouvernement leurs catalogues de revendications respectifs.

«Freiner un peu l’inflation»

La première réunion, organisée ce mardi au château de Senningen, a permis de décortiquer les mesures proposées. En réponse, l’exécutif CSV-DP a mis sur la table une première série de propositions.

En premier lieu, il s’agira de réussir à continuer la maîtrise des prix de l’énergie. «Si les prix continuent d’augmenter, cela aura un lourd impact sur la vie des gens, leur pouvoir d’achat et également sur les entreprises. Il nous faut dès lors évaluer comment intervenir sur les prix et dans quelle mesure l’État pourra prendre en charge les surcoûts afin de continuer à maîtriser les prix», affirme le Premier ministre, sans détailler davantage en quoi consiste la proposition du gouvernement.

Ce «frein sur les prix de l’énergie» doit aussi permettre de «freiner un peu l’inflation». Ce mardi, le Statec a mis en perspective, en cas de conflit prolongé au Moyen-Orient, une inflation qui grimperait à 4 % en 2026.

Un nouveau crédit d’impôt ciblé?

Un accent est aussi mis sur le maintien, voire le renforcement du pouvoir d’achat. «Des mesures fiscales doivent permettre d’amortir le choc», avance Luc Frieden. Des crédits d’impôt ciblés, comme ce fut le cas lors de la crise énergétique provoquée par la guerre en Ukraine, pourraient être une piste.

Le gouvernement compte aussi soutenir davantage les ménages et les entreprises dans la transition énergétique afin de réduire la dépendance aux énergies fossiles.

Le secteur agricole va également pouvoir bénéficier d’aides non encore spécifiées, mais qui devront permettre d’assurer la survie des exploitations et le maintien des emplois. La Chambre d’agriculture revendique notamment un soutien pour faire face à l’explosion des prix des engrais et éviter, notamment, des problèmes de liquidités.

Salaire minimum et logement

L’union OGBL-LCGB a salué la prise en compte de ses mesures soumises au gouvernement. Ce jeudi, la tripartite doit notamment discuter du logement et du salaire minimum, deux revendications majeures des syndicats majeurs du secteur privé. «Rien n’est encore décidé. Si nous voulons continuer à avancer, il n’est pas opportun d’en dire plus à ce stade», fait remarquer Nora Back, la coprésidente de l’union syndicale.

Un autre point inscrit à l’ordre du jour du deuxième tour de négociations, fixé à ce mercredi, sera la fiscalité des entreprises et les aides que l’État pourra attribuer aux différentes branches économiques.

En plus de la compétitivité des entreprises, la priorité absolue du camp patronal serait le frein de l’inflation, pour éviter une cascade de tranches indiciaires – jusqu’à trois en 15 mois.

«Il est important de ne pas perdre de temps. Chaque jour sans action nous rapproche d’une prochaine tranche indiciaire. Une option est peut-être de trouver un accord partiel sur la maîtrise des prix de l’énergie», avance Michel Reckinger, le président de l’UEL.

Pas d’«enveloppe fixe»

Le Premier ministre veut aussi «avancer rapidement» pour que les mesures décidées puissent profiter au plus vite aux gens et aux entreprises. Le sérieux nécessaire devrait cependant rester de mise.

Selon Luc Frieden, le gouvernement ne s’est pas donné «d’enveloppe fixe» pour financer le paquet de mesures en cours de négociation. «Mais nous voulons aussi maintenir des finances publiques saines», appuie-t-il. Les mesures mises sur la table seraient incluses dans un «processus évolutif» au bout duquel le coût exact resterait à chiffrer.

La tripartite pourrait se prolonger encore en fin de semaine (jeudi ou vendredi) avant une poursuite des tractations la semaine prochaine.

Newsletter du Quotidien

Inscrivez-vous à notre newsletter et recevez tous les jours notre sélection de l'actualité.

En cliquant sur "Je m'inscris" vous acceptez de recevoir les newsletters du Quotidien ainsi que les conditions d'utilisation et la politique de protection des données personnelles conformément au RGPD.