À 23 ans, la Française s’est enfin débarrassée des blessures qui retardaient son envol pour atteindre son premier huitième de finale d’un tournoi du Grand Chelem.
Diane Parry, 92e joueuse mondiale, a empoché l’une des plus belles victoires de sa carrière, samedi, face à l’Américaine Amanda Anisimova (6e). Sa belle forme, ajoutée à l’absence de membre du top 20 dans son tableau jusqu’à une potentielle demi-finale, éveille les espoirs d’un parcours à la Loïs Boisson, sortie de nulle part pour atteindre le dernier carré l’an dernier.
La Française a montré que c’était «faisable», a noté Parry, «on a envie d’être capable de pouvoir faire la même chose». Mais cette fan du Paris SG se distingue par une carrière en dents de scie, démarrée sous le poids des promesses entrevues durant son adolescence, avant les blessures qui l’ont empêchée d’exprimer son potentiel sur un laps de temps prolongé.
D’un côté, il y a l’adolescente prodige, vainqueure à 16 ans de son premier match dans le tableau final de Roland-Garros. Parry a aussi battu en 2022 la tenante du titre Barbora Krejcikova au 1er tour du tournoi parisien. De l’autre, il y a celle qui a passé comme une ombre l’année 2025 qu’elle a terminée 127e à la WTA, en traînant comme un boulet une blessure à un genou contractée fin 2024 avec l’équipe de France en BJK Cup en Colombie.
Cette blessure en a entraîné d’autres, a expliqué Julie Coin, qui l’entraîne aux côtés du Suédois Thomas Högstedt. «Quand elle était plus jeune, elle a fait beaucoup, beaucoup de tournois. Elle faisait un nombre de tournois par an… C’était exorbitant. Du coup, elle n’avait peut-être pas eu ses périodes de travail», a-t-elle poursuivi.
«Petits démons»
«Les blessures ont mis beaucoup de doutes dans sa tête. Ça a amené beaucoup de petits démons, a-t-elle estimé. Ce que je vois aujourd’hui, c’est qu’elle a hyper bien évolué en tant que joueuse et en tant que femme. Là, elle est dans un état d’esprit qui est bon.» Parry a aussi adapté son jeu en se montrant plus pragmatique, alors qu’elle avait «un peu trop» tendance à «chercher le beau tennis», a remarqué Coin.
Avec un corps et un esprit retrouvés, l’année 2026 a été marquée par un succès de prestige contre Venus Williams, certes âgée de 45 ans, à Indian Wells, et par un titre à Paris au trophée Clarins juste avant Roland. Grâce à son succès face à Anisimova, elle se retrouve aux portes du top 50, tout proche de son meilleur classement (48e) atteint en octobre 2024.
Elle reprendra également son statut de n° 1 française. «C’est une conséquence de tout ce qui se passe sur le terrain. C’est vrai que j’avais à cœur de pouvoir remonter au classement, ce n’était pas un classement qui me convenait, a expliqué Parry. Il y a toujours des hauts et des bas déjà sur une saison, et sur une carrière. Il faut essayer que les bas durent le moins longtemps possible et que ça aille le moins bas possible.»
Le chemin de son retour passe désormais par un duel, lundi, avec la Polonaise Maja Chwalinska (114e), qui dispute à 24 ans son premier Roland, en étant sortie des qualifications. Elle a notamment éliminé les chevronnées Elise Mertens et Maria Sakkari.