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Royaume-Uni : Keir Starmer sur la sellette


Keir Starmer devrait perdre son siège de Premier ministre. (Photo : afp)

Le Premier ministre britannique subit les contrecoups d’une violente défaite électorale. Sa place à la tête du Labour est de plus en plus contestée.

Une semaine après les résultats désastreux des élections locales britanniques, Keir Starmer est toujours à Downing Street mais son autorité est en lambeaux et la guerre de succession, qui s’annonce longue, a commencé au Labour pour tenter de l’évincer.

Le chef du gouvernement travailliste a répété qu’il n’avait pas l’intention de démissionner. Mais sa réponse à la défaite électorale – un discours lundi au cours duquel il a promis à ses détracteurs de leur prouver «qu’ils ont tort», puis le programme législatif présenté lors du discours du roi mercredi – n’a pas convaincu. Près d’un quart des députés de sa majorité demandent son départ. Quatre secrétaires d’État ont démissionné, ainsi que le ministre de la Santé Wes Streeting jeudi, perçu comme l’un de ses principaux rivaux. «Là où nous avons besoin de vision, il y a un vide», a-t-il cinglé dans sa lettre de démission.

Le Premier ministre «n’est là que parce que le parti n’arrive pas à se décider sur son successeur», souligne Steven Fielding, spécialiste du Parti travailliste à l’université de Nottingham. Mais «il n’a aucune autorité pour faire quoi que ce soit», ajoute-t-il. Keir Starmer «est entièrement concentré sur l’action gouvernementale», a insisté vendredi son porte-parole à Downing Street, alors que la crise politique a fait tanguer la livre sterling jeudi. Une réunion du G7 et un sommet Royaume-Uni/Union européenne l’attendent d’ici fin juillet, deux opportunités de redorer son image de Premier ministre.

Les successeurs potentiels se préparent

Aucun n’a officiellement lancé la course en déposant les 81 soutiens de députés nécessaires, mais tous se préparent. Un proche de Wes Streeting a assuré qu’il avait le nombre requis mais l’ex-ministre temporise, semblant vouloir laisser l’opportunité à un autre candidat potentiel, le maire de Manchester Andy Burnham, de se lancer dans la bataille.

Pour cela, ce tenant de l’aile gauche du parti doit revenir au Parlement. Jeudi soir, un député du Grand Manchester a annoncé renoncer à son siège, pour permettre ce retour. Vendredi, Wes Streeting a affirmé sur X qu’Andy Burnham est «la meilleure chance de victoire» pour le Labour à cette législative partielle. Autre figure de l’aile gauche et ex-numéro 2 du parti, Angela Rayner a annoncé jeudi avoir résolu ses problèmes d’impôts avec l’administration fiscale, ouvrant la voie à son retour sur le devant de la scène.

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