Le chancelier Friedrich Merz a déconseillé vendredi aux jeunes Allemands d’aller étudier et travailler aux États-Unis, en pleine passe d’armes avec le président américain Donald Trump.
«Je ne recommanderais pas à mes enfants, aujourd’hui, d’aller aux États-Unis, d’y faire leurs études et d’y travailler», a déclaré le dirigeant conservateur lors d’une conférence devant des jeunes catholiques de Bavière, récoltant les applaudissements du public.
«Tout simplement parce qu’un certain climat social s’y est soudainement développé», a-t-il continué.
Traditionnel allié des États-Unis, Berlin a pris ses distances avec Washington depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, et multiplie les critiques depuis le début de la guerre contre l’Iran.
Fin avril, le chancelier a ainsi estimé que Téhéran «humiliait» Washington à la table des négociations.
Ce à quoi le chef de la Maison-Blanche a répondu que son homologue faisait un travail «déplorable» à la tête de l’Allemagne et a annoncé le retrait de 5 000 soldats américains du pays, une décision attendue depuis longtemps selon le chancelier.
Vendredi, Friedrich Merz a assuré être un «grand admirateur des États-Unis», mais que cette admiration «n’augmente pas en ce moment».
«Peu de pays au monde offrent d’aussi formidables perspectives, y compris et tout particulièrement pour les jeunes, que l’Allemagne», a-t-il indiqué.
Il a ensuite vanté «l’économie sociale de marché» en opposition au «capitalisme pur» des États-Unis où «les personnes les mieux formées ont beaucoup de difficultés à trouver un emploi».
Le modèle allemand mérite donc que l’on parle «davantage des chances que des risques», a conclu Friedrich Merz.
Depuis son entrée en fonction en mai 2025, Friedrich Merz a multiplié les sorties suscitant des polémiques, tranchant avec le style de ses prédécesseurs récents.