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Le CNFP pointe une nette dégradation des finances publiques en 2025


Le Conseil met en évidence des dépenses publiques trop élevées et des prévisions trop optimistes. (Photo : archives editpress)

Le Conseil national des finances publiques alerte sur la situation économique et budgétaire du pays dans son analyse du rapport annuel du plan national pour la période 2025-2029.

Depuis 2024, l’Union européenne a adopté un cadre de gouvernance économique et budgétaire pour réduire les déficits et taux d’endettement des États membres à des niveaux propices à la croissance.

Autrement dit, chaque pays doit respecter les critères de Maastricht : une dette raisonnable (inférieure à 60 %) et un déficit public inférieur à 3 % du PIB. Le plan budgétaire et structurel national du Luxembourg, présenté en octobre 2024, prévoyait par conséquent l’évolution économique et budgétaire du pays à moyen terme, sur la période 2025-2029.

Chaque année, le CNFP analyse son rapport d’avancement. Et en 2026, le conseil tire la sonnette d’alarme.

La croissance économique pour 2025 ne serait plus que de 0,6 %, contre les 2,7 % estimés. À l’inverse, le déficit public atteindrait 2,0 % du PIB tandis que la prévision initiale annonçait 0,6 %.

Pour 2026, la croissance économique prévue est également revue à la baisse : 1,7 % au lieu des 2,0 % anticipés dans le plan budgétaire. En revanche, les prévisions tablent toujours sur un déficit public de 400 millions d’euros (0,4 % du PIB).

Le CNFP critique toutefois cette estimation, estimant qu’elle ne tient pas compte de plusieurs éléments récents, comme la forte dégradation du solde public en 2025 ou la hausse soutenue des dépenses de l’administration centrale au premier trimestre 2026 (+8,6 %).

Selon les dernières estimations publiées par le Statec en avril dernier, le déficit pourrait en effet atteindre 1,143 milliard d’euros en réalité en 2026, soit 1,2 % du PIB.

Et c’était sans compter l’inflation galopante et le risque de récession. Le CNFP considère donc que les informations restent insuffisantes pour évaluer correctement la situation budgétaire.

«Des efforts substantiels»

Le rapport souligne également que la croissance des dépenses primaires nettes (fonctionnement de l’État, salaire des fonctionnaires, dépenses sociales…) atteindrait 8,1 % en 2025, dépassant largement le plafond européen fixé à 5,8 %.

Le Luxembourg ne respecterait donc pas la trajectoire budgétaire prévue. Sans grand danger : en respectant toujours largement les critères de Maastricht, cette situation ne déclenche aucune sanction et ne présente pour seul risque qu’une possibilité de recommandations préventives de la Commission européenne… Mais pour garantir la soutenabilité à long terme du budget national, c’est une sérieuse épine dans le pied.

Le CNFP rappelle par ailleurs que, sur la période 2025-2028, la progression de ces dépenses primaires nettes a été fixée à une moyenne de 4,9 % par an, un rythme bien inférieur à la moyenne historique de 6,6 % observée entre 1996 et 2023.

Respecter cette trajectoire nécessitera donc «des efforts substantiels» pour maîtriser les dépenses publiques. Ainsi, compte tenu du dépassement déjà constaté en 2025 et du risque que les dépenses de 2026 soient sous-estimées, le CNFP demande une mise à jour complète des prévisions budgétaires, dans un objectif de cohérence et de fiabilité dans le suivi des finances publiques luxembourgeoises.

Au moins, nul ne pourra l’accuser d’un manque de transparence.

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