Rien n’indique en ce moment que la guerre menée par les États-Unis contre l’Iran prendra fin à brève échéance. Les négociations entre Washington et Téhéran se trouvent dans une impasse.
Les efforts diplomatiques du Pakistan ont au moins mené à un cessez-le-feu fragile. On se trouve aujourd’hui plus proche d’une reprise des opérations militaires que d’un apaisement, avec à la clé la levée du blocage du détroit d’Ormuz.
En quelque sorte, Donald Trump – et, dans une moindre mesure, le régime iranien – occuperont une place importante dans la tripartite qui doit permettre au Luxembourg d’amortir au mieux le choc provoqué par la crise au Moyen-Orient.
Le scénario optimiste du Statec repose sur une réouverture du détroit d’Ormuz pour la fin mai. Le plus pessimiste part du principe que le blocage de cette artère maritime stratégique va perdurer au moins jusqu’en septembre.
Au vu de la situation, il faut que le pays se prépare à une inflation galopante qui approchera les 6 % et, dans le pire des cas, à une récession. La succession à court terme de tranches indiciaires sera un cadeau empoisonné pour les salariés et une lourde charge pour les entreprises.
Le Grand-Duché se retrouve dans une situation semblable à celle de septembre 2022. La guerre d’agression russe contre l’Ukraine avait provoqué une crise énergétique, qui a entraîné une inflation située entre 6 et 8 %.
Le Statec prévoyait dans le scénario le plus pessimiste une succession à très courte échéance de cinq index entre fin 2022 et fin septembre 2023. Avec un paquet de mesures chiffré à plus d’un milliard d’euros, la tripartite a réussi à éviter le pire.
Les prix de l’énergie ont à l’époque été plafonnés ou gelés. L’État dispose-t-il encore de cette même marge pour réagir? Rappelons, dans ce contexte, que les trois paquets tripartites, ficelés entre mars 2022 et mars 2023, ont pesé 2,3 milliards d’euros.
Le Premier ministre, Luc Frieden, est resté très prudent sur cette question à la sortie de la première réunion de la tripartite. La marge ne serait toutefois pas «illimitée».
La réforme fiscale de 2028, avec un coût annuel d’un milliard d’euros, n’est pas (encore) remise en question. Une chose est sûre : ce ne sera pas Donald Trump qui paiera la note…