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«Une langue se construit sur plusieurs siècles»


«C’est plus facile d'apprendre le luxembourgeois s’il y a une seule version, pas quatorze», plaisante Sam Mersch. (Photo/archives lq : julien garroy)

Reconnu en 1984, le luxembourgeois n’est ni dialecte allemand ni mélange franco-germanique : il s’est construit entre usage populaire et histoire politique.

Plus de 8 000 signatures ont été récoltées pour rendre obligatoire le luxembourgeois comme langue d’intégration. Une pétition qui relance un vieux débat, mais pose surtout des questions essentielles : Pourquoi cette langue compte-t-elle autant? Et que dit-elle de l’histoire du pays?

Pour Sam Mersch, spécialiste au Zenter fir d'Lëtzebuerger Sprooch (ZLS), il faut d’abord savoir qu’une langue ne naît pas le jour où l’État la reconnaît. En 1984, le luxembourgeois est reconnu comme langue nationale, mais ce n’est donc pas une naissance : «Une langue se construit sur plusieurs siècles», précise le spécialiste.

Pour lui, «il n’y a pas vraiment de dates exactes pour une langue, mais il y en a pour l’utilisation». Par exemple, les livres de comptes médiévaux de la ville de Luxembourg sont rédigés dans un allemand imparfait, «où certaines fautes pourraient s’apparenter déjà un peu au luxembourgeois», explique-t-il.

La vie de Yolande de Vianden, écrit au début du XIIIe siècle est ...


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