[Ligue des champions] Fidèle à son idée du jeu, le FC Barcelone a subi mardi contre sa bête noire, l’Atlético Madrid, une nouvelle désillusion européenne dont il doit tirer des leçons pour de bon.
Onze ans, c’est long. Sûrement trop long pour un club qui a dominé le football européen pendant près d’une décennie et qui, depuis, tente de retrouver sa grandeur passée. Il faudra pourtant attendre encore au moins un an de plus pour que le FC Barcelone, quintuple vainqueur de la compétition, retrouve enfin la finale de la Ligue des champions, atteinte pour la dernière fois en 2015 avec Lionel Messi, Neymar et Luis Suarez, sous les ordres de Luis Enrique.
« Nous avons tout donné, mais cela n’a pas suffi. Cela fait seulement partie du chemin : pour arriver au sommet il faut escalader, et nous savons que ce ne sera pas facile. Mais abandonner n’est pas une option », a lancé sur Instagram le prodige catalan Lamine Yamal, buteur mardi soir lors de la victoire des siens 2-1 sur la pelouse de l’Atlético Madrid, insuffisante pour combler la défaite 2-0 de l’aller au Camp Nou.
« Chaque erreur est une leçon, et n’en doutez pas, nous apprendrons de chacune d’entre elles », a-t-il promis après cette nouvelle désillusion, intervenue un tour plus tôt que la saison dernière contre l’Inter, et marquée par un 13e carton rouge sur les dix dernières campagnes de C1, un record dans la compétition sur cette période. L’ailier de 18 ans, deuxième du Ballon d’Or l’an dernier, a promis à nouveau à ses supporters qu’il ramènerait le Barça « là où il doit être ».
Même avec l’émergence du jeune gaucher et de ses coéquipiers formés à la Masia (Fermin Lopez, Pau Cubarsi, Marc Bernal…), il est bien difficile, au lendemain de cette élimination certes cruelle, d’imaginer le champion d’Espagne en titre y parvenir sans se renforcer cet été. Ce qui paraît loin d’être acquis, considérant la situation financière toujours précaire du club.
Toujours emballant, mais beaucoup trop friable
« Ce Barça a désespérément besoin de défenseurs de haut niveau. Si rien ne change, on verra la même chose pendant les dix prochaines années, et c’est désolant, a estimé l’ex-attaquant barcelonais Thierry Henry, sur CBS. Jouer avec une ligne défensive haute lors de ces grands matches européens, avec ce type d’approche défensive, complique tout. Ce Barça offre des opportunités à l’adversaire même lorsqu’il a le match en main, ce qui rend les confrontations à élimination directe très difficiles à gagner. »
L’équipe d’Hansi Flick, toujours aussi emballante offensivement, est en en effet trop souvent sur un fil, à quelques centimètres, un arrêt, une frappe ratée ou une décision arbitrale de la punition. Une idée de jeu risquée, assumée par l’entraîneur allemand, grand admirateur de la légende néerlandaise Johan Cruyff et de « l’ADN » barcelonais. Comprenez: la manière importe autant que le résultat, peut-être plus, et une victoire 5-4 est plus belle qu’un 1-0.
En Liga, cette approche s’est avérée payante, et le Barça file tout droit vers un deuxième sacre de suite avec neuf points d’avance sur le Real à sept journées de la fin de la saison. Mais cette marge, souvent suffisante en championnat, se réduit systématiquement sur la scène européenne, où chaque erreur se paye généralement cher, peu importe si l’on a été meilleur ou non dans le jeu.
Sur les douze rencontres de Ligue des champions disputées cette saison, le Barça a encaissé 20 buts et n’a conservé sa cage inviolée qu’une seule fois, malgré les nombreuses parades de Joan Garcia. Insuffisant pour rêver plus grand, car ni le talent de Messi à son époque, ni celui de Yamal aujourd’hui, ne peuvent compenser ce déficit. Du moins pas à chaque fois.
Quarts de finale retour
Mardi
Liverpool – Paris SG 0-2 (0-2)
Atlético Madrid – FC Barcelone 1-2 (2-0)
Mercredi
Bayern Munich – Real Madrid (2-1)
Arsenal – Sporting CP (1-0)
Demi-finales
Les 28/29 avril et 5/6 mai
Paris SG – Bayern Munich ou Real Madrid
Atlético Madrid – Arsenal ou Sporting CP