Face à la Commission européenne lundi, le COPA-Cogeca a fait part de ses préconisations afin de soutenir l’agriculture contre la hausse des prix. Bruxelles promet un plan d’action immédiat.
Comme un hasard du calendrier, la Commission européenne avait prévu d’organiser lundi 13 avril dernier une réunion de suivi concernant le plan pour la production d’engrais décarboné. Finalement, l’actualité et la hausse du prix des engrais ces dernières semaines ont transformé le rendez-vous en une discussion de crise.
Autour de la table à Bruxelles se trouvaient les directions générales de trois départements de la Commission : agriculture (DG AGRI), fiscalité (DG TAXUD) et industrie (DG GROW). Et face aux fonctionnaires européens siégeaient des représentants du COPA-Cogeca, principal groupe d’intérêt agricole de l’Union européenne. Ce dernier avait d’ailleurs interpellé Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, le 8 avril dernier face à la crise des engrais et des coûts énergétiques et attendait donc des réponses.
Quatre priorités face à la crise
Interrogé par nos soins, le COPA-Cogeca précise les quatre priorités formulées à l’exécutif européen et discutées lors de la réunion. La première vise à garantir la disponibilité et l’accessibilité des engrais via une «suspension immédiate du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières, identifié comme un facteur aggravant la hausse des prix».
Le groupement réclame également «une mise en œuvre immédiate du Fertiliser Action Plan». Ce plan, dont les axes ont été présentés le 9 avril pour une publication officielle en mai, doit inclure «des mesures à court, moyen et long terme pour stabiliser le marché».
Par ailleurs, pour aider les exploitants à absorber les coûts de l’énergie, le lobby souhaite «une utilisation de tous les instruments financiers européens disponibles pour compenser les hausses exceptionnelles des coûts». Enfin, en cas de rationnement, il demande «une priorisation du secteur agroalimentaire» ainsi qu’une action urgente pour «réduire les contraintes bureaucratiques et moderniser des législations qui freinent l’innovation, les permis et la circularité.»
«La situation reste intenable»
En réponse aux quatre doléances, les représentants de la Commission n’ont pas fait de grandes annonces, hormis le fait «qu’un plan engrais sera publié par le commissaire à la fin du mois d’avril». «Nous attendons maintenant des actions concrètes et rapides alors que la situation reste intenable pour les agriculteurs, avec des prix d’engrais prohibitifs jusqu’à 800 euros par tonne et des marges déjà compressées» insiste alors le COPA-Cogeca.
L’une des demandes fortes concernant la suspension du mécanisme d’ajustement carbone risque notamment de faire débat, puisque le commissaire européen Christophe Hansen s’est ouvertement opposé à cette solution, estimant que cela «risquerait d’aggraver notre dépendance aux importations». Afin de rassurer les agriculteurs, le Luxembourgeois promet que le plan d’action sur les engrais sera adapté afin de «soutenir la production européenne d’engrais, de réduire les dépendances, tout en aidant les agriculteurs à utiliser les engrais de manière plus efficace».