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Moyen-Orient : le LSAP fustige la passivité du gouvernement


Le LSAP, coprésidé par Georges Engel et Maxime Miltgen, met un coup de pression sur le gouvernement CSV-DP. (Photo : archives lq/fabrizio pizzolante)

Dans un communiqué diffusé ce vendredi, le LSAP critique vivement la posture du gouvernement dirigé par Luc Frieden, jugée trop attentiste face à une situation internationale explosive.

Pour les socialistes, «l’inertie du gouvernement prévaut», qu’il s’agisse pour dénoncer le non-respect du droit international par les États-Unis ou les opérations militaires israéliennes au Liban qualifiées d’«illégales et disproportionnées». Une attitude qui, selon le LSAP, fragilise la «crédibilité» du Luxembourg sur la scène internationale.

Le LSAP pointe notamment un précédent jugé révélateur : la fermeture par la BCEE de comptes de la Cour pénale internationale, dans le sillage de sanctions américaines visant certains magistrats. Un geste interprété comme un «zèle anticipatif» qui traduirait une forme d’alignement politique préoccupant.

Le contexte géopolitique actuel nécessiterait des prises de position plus incisives de la part du Premier ministre ou du ministres des Affaires étrangères, Xavier Bettel. Le LSAP évoque la récente déclaration du président américain, Donald Trump, qui a affirmé sur les réseaux sociaux qu’«une civilisation entière pourrait mourir» dans le cadre du conflit avec l’Iran. Les socialistes qualifient ces propos de «menace explicite de génocide». Dans le même temps, le parti dénonce les opérations militaires israéliennes au Liban pour leur impact humanitaire et leur risque de déstabilisation régionale.

Faire preuve de «courage politique»

Face à cette escalade impliquant plusieurs acteurs majeurs – États-Unis, Israël, Iran et Liban – le LSAP appelle à une réaction «claire et sans ambiguïté» de la part du gouvernement luxembourgeois. Le respect du droit international est présenté comme une nécessité fondamentale, en particulier pour un petit État comme le Luxembourg, dont la sécurité repose sur l’existence de règles communes.

Au-delà du constat, les socialistes formulent des demandes concrètes. Ils plaident notamment pour la fermeture du «Luxembourg Trade and Investment Office (LTIO)» à Tel-Aviv et pour l’adoption de sanctions ciblées contre Israël. Une position qui tranche avec la prudence actuelle de l’exécutif.

Le LSAP insiste également sur les implications juridiques d’une inaction prolongée. En s’appuyant sur une récente note de la Cellule scientifique de la Chambre des députés, le parti rappelle que le Luxembourg ne peut «se limiter à une posture passive» dans le conflit entre Israël et la Palestine, sans s’exposer à des risques, notamment en matière de responsabilité internationale.

«L’inaction politique n’est pas une position neutre», martèlent les socialistes, appelant le gouvernement à faire preuve de «courage politique» et à s’inspirer de pays comme l’Espagne, plus offensifs sur ces questions.

«Les obligations qui incombent à l’État, c’est-à-dire ne pas reconnaître une situation illégale et agir pour prévenir les violations, ne relèvent pas d’un choix opportuniste mais d’une mise en conformité avec le droit international», ajoutent encore les socialistes.

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