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Cessez-le-feu en Iran : le pétrole plonge sous les 100 dollars, envolée des Bourses d’Asie


(Photo : AFP)

Les prix du pétrole dévissent de plus de 15 % mercredi après que Donald Trump a repoussé son ultimatum contre l’Iran et que Téhéran s’est dit prêt à négocier, au grand soulagement des Bourses en Asie qui se sont envolées de concert.

Vers 5 h, le prix du West Texas Intermediate (WTI) pour livraison en mai, référence américaine du pétrole brut, dévissait de 14,53 % à 96,54 dollars. Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juin, référence du marché mondial, s’effondrait lui de 13,13 % à 94,92 dollars. Ils retombaient tous deux sous la barre symbolique des 100 dollars dans un marché soulagé par la perspective d’un cessez-le-feu en Iran. «J’accepte de suspendre les bombardements et les attaques contre l’Iran pendant deux semaines», a déclaré le président américain sur sa plateforme Truth Social un peu plus d’une heure avant l’expiration de son ultimatum.

De son côté, Téhéran a annoncé des négociations avec la partie américaine pour mettre fin à la guerre à partir de vendredi et pour deux semaines, acceptant de rouvrir le détroit d’Ormuz si les attaques israélo-américaines cessent. Environ un cinquième du brut mondial transite habituellement par ce passage stratégique, mais Téhéran orchestre sa quasi-paralysie pour faire pression sur les États-Unis. Avant ces annonces, le cours du WTI avait flambé d’environ 70 % depuis le début de la guerre fin février.

«Après une période de forte tension sur les marchés (…), la réaction immédiate est compréhensible : le cessez-le-feu et surtout la réouverture partielle du détroit d’Ormuz écartent le principal risque pétrolier à court terme et provoquent un net soulagement sur les actifs à risque», observe Charu Chanana, de Saxo Markets.

«Une fois que la Maison-Blanche a reculé et remplacé l’escalade imminente par un cessez-le-feu conditionnel de deux semaines, le marché du pétrole a commencé à retrouver un fonctionnement plus fluide et équilibré», avec l’évanouissement de la «prime de risque» des derniers jours, constate pour sa part Stephen Innes, de SPI Asset Management.

Les investisseurs «attendaient désespérément des nouvelles encourageantes depuis plusieurs semaines et encore plus désespérément de voir des mesures concrètes prises en vue d’une désescalade et (…) désormais ils sont, sans surprise, disposés à reprendre des niveaux de risque significatifs», abonde encore Michael Brown, du courtier Pepperstone.

Mais tous s’accordent à rester prudents quant à la durabilité de cette accalmie. «Pour que cette évolution se confirme, les opérateurs auront besoin de plus que de simples déclarations diplomatiques. Ils devront constater une reprise effective du trafic dans le détroit d’Ormuz. Tant qu’il ne sera pas visiblement rouvert, il s’agira de simples dénouements de positions plutôt que d’une réévaluation durable des prix», avertit Stephen Innes.

«Le cessez-le-feu ne résout pas tous les risques sous-jacents. Les investisseurs ont toujours besoin de savoir si les hostilités ont réellement cessé, si le détroit restera ouvert de manière fiable, à quelle vitesse l’approvisionnement énergétique perturbé pourra se rétablir», et ils suivront de près les pourparlers, complète Charu Chanana.

Les Bourses soulagées flambent en Asie

Vers 5 h à la Bourse de Tokyo, l’indice vedette Nikkei gagnait 5,33 % à 55 277 points, tandis qu’à Séoul, l’indice phare Kospi flambait de près de 7 % à 5 873 points.

La Bourse de Taipei engrangeait 4,47 %, Sydney 2,66 % et l’indice hongkongais Hang Seng – reprenant les échanges après un week-end prolongé de deux jours fériés – bondissait d’environ 3 %.

«La baisse des prix du pétrole lève l’étau qui pesait sur le sentiment de risque régional (en Asie), en particulier sur les marchés les plus sensibles aux chocs liés aux importations d’énergie (…). Les marchés actions ont simplement besoin de souffler», note Stephen Innes.

L’or se renforce, net recul du dollar

L’or, qui avait pâti ces dernières semaines des perspectives d’inflation accrue et de relèvements de taux par les banques centrales, reprenait son souffle avec l’annonce d’un cessez-le-feu en Iran. Vers 5 h, le métal jaune grimpait de 2,30 % à 4 814 dollars l’once.

De son côté, la devise américaine reculait nettement face à l’euro comme face au yen, à l’unisson de la dégringolade des prix du pétrole. Elle cédait 0,80 % face à la devise japonaise, à 158,34 yens pour un dollar.

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