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[Série] «Dear Killer Nannies» : Pablo Escobar à travers les yeux de son fils


Sebastián Marroquín avait demandé pardon aux dizaines de milliers de victimes du narcotrafic mais considérait que Pablo Escobar avait été un «bon père». (Photo : hulu)

Enfant solitaire et fragile, Juan Pablo a grandi avec des hommes armés pour nounous : le fils du célèbre narcotrafiquant Pablo Escobar se raconte dans une fiction attendue mercredi sur Disney+.

Enfant, Sebastián Marroquín avait pour nounous des tueurs à gages qui le protégeaient dans le milieu violent de son père, le narcotrafiquant Pablo Escobar. La série Dear Killer Nannies, qui s’inspire de son histoire, montre qu’«il est possible» d’échapper à une destinée criminelle, souligne-t-il. Diffusée mercredi sur Disney+, elle raconte l’enfance de Juan Pablo Escobar (son nom de naissance), fils du sanguinaire colombien, un enfant solitaire qui vit dans un monde de luxe et ultrasécurisé à Medellín.

Dans les trois premiers épisodes, montrés en avant-première au festival Séries Mania de Lille, «Juampi», sept ans, évolue dans un monde d’hommes armés et comprend tout doucement que son père n’est pas celui qu’il croit. «Ce n’est pas une histoire créée pour glorifier les activités criminelles de mon père, loin de là, mais pour inviter les autres à voir qu’il est possible de changer et prendre un chemin différent, malgré celui que vos parents vous ont tracé», explique lors d’un entretien par visio Sebastián Marroquín, qui a participé à l’écriture de la série, cocréée avec Sebastián Ortega et Pablo Farina.

«Solitude et incertitude»

«C’est une histoire de rédemption», résume celui qui a choisi son nouveau patronyme lors de son exil en Argentine avec sa mère et sa sœur, après la mort de son père, abattu par les forces de sécurité, le 2 décembre 1993 à Medellin. Sebastián avait 16 ans. Aujourd’hui âgé de 49 ans, il est devenu architecte. Il avait demandé pardon aux dizaines de milliers de victimes du narcotrafic dans un documentaire intitulé Pecados de mi padre (2009) mais considérait aussi que Pablo Escobar avait été un «bon père».

Il faut affronter nos propres histoires

«J’ai appris qu’il faut affronter nos propres histoires. Il ne s’agit pas de les nier, mais il faut les utiliser à bon escient, pour transmettre un message clair et sans équivoque à la jeunesse», affirme Sebastián Marroquín. Pour lui, certaines séries comme Narcos ou El patrón del mal donnent une image trop romantique du narcotrafiquant. Il s’était alarmé que des jeunes souhaitent suivre le modèle de son père. À travers Dear Killer Nannies, on suit «cet enfant qui a grandi et qui a traversé une multitude de situations violentes et d’étapes de sa vie qui ont été très traumatisantes et qui le seraient pour n’importe qui, surtout pour un enfant», souligne-t-il.

En huit épisodes, la série montre «la solitude et l’incertitude» de l’enfant, explique Sebastián Ortega, vainqueur du Grand Prix à Séries Mania en 2016 avec El marginal. «Il y a un torrent d’émotions qui vont et viennent entre l’amour, le plaisir et la violence, souvent séparés par quelques fractions de seconde seulement», ajoute le scénariste et réalisateur argentin.

Disney mise sur le local

Dear Killer Nannies est l’une des trois séries estampillées Disney+ présentées à Séries Mania, avec The Testaments, la suite de The Handmaid’s Tale inspirée de l’œuvre de Margaret Atwood, et la production française Lucky Luke. La directrice des contenus de Disney+ pour l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique, Angela Jain, a annoncé que la firme comptait amplifier «considérablement» sa production en Europe, citant des projets en France, Royaume-Uni, Espagne, Italie et Allemagne notamment. «Nous voulons dénicher des histoires locales qui ont une résonance pour le public» dans ces pays, a-t-elle expliqué. «De nombreux jeunes viennent à Disney+ pour notre programmation internationale et nos séries américaines. Des productions originales locales peuvent leur offrir quelque chose de plus, et amener de nouveaux publics», a-t-elle ajouté.

Le Grand Prix de Séries Mania a été attribué vendredi soir, au terme de huit jours de festival, à la série polonaise Proud. Créée par Karol Klementewicz, elle raconte l’histoire de Filip, un jeune homme gay qui veut échapper aux responsabilités mais voit sa vie bouleversée car il doit s’occuper d’un bébé. «Une série très osée et très délicate», avait souligné la directrice du festival, Laurence Herszberg.

Dear Killer Nannies,
de Juan Pablo Escobar et Sebastián Ortega.
Mercredi sur Disney+.

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