Accueil | Grande Région | Des couvreurs cachent une lettre dans une tourelle d’une bâtisse du XIXe siècle

Des couvreurs cachent une lettre dans une tourelle d’une bâtisse du XIXe siècle


Les deux couvreurs posent, avec fierté, sur le toit, à douze mètres du sol, de la demeure qu’ils ont récemment réhabilitée. (Photo : NC Toitures)

Nicolas Castelli et son frère Hugo, couvreurs, ont décidé pour la première fois de laisser un message de leur passage sur le chantier d’une toiture d’une résidence secondaire à Charency-Vezin, près de Longuyon. Cette lettre dissimulée dans une tourelle rend hommage à toute une profession.

Ils ont rénové de nombreuses maisons anciennes. Mais ils n’avaient jamais franchi le pas. Pour la première fois, les couvreurs Nicolas Castelli et son frère Hugo ont souhaité cacher un message écrit dans un chantier, achevé en janvier.

Tout commence par : «Aux futurs couvreurs, si vous lisez notre mot, c’est que le temps a fait son œuvre sur les toits que nous avons façonnés. Nous sommes trois artisans, liés par le sang, l’amitié ou l’apprentissage, à avoir travaillé sur cette maison».

Après un descriptif de leur vie privée, les deux couvreurs et leur jeune apprenti poursuivent en évoquant leurs conditions de travail : «Nous travaillons par temps froid et humide. Le métier est rude mais noble. Nous espérons que nos ardoises ont protégé cette famille durant de longues décennies et que notre pose vous facilitera le travail de rénovation».

Résidence secondaire d’un couple de Hollandais

Il faut dire que la rénovation qu’ils viennent d’achever est de taille. Il s’agit de la réfection d’une toiture en ardoise, d’une superficie de 300 mètres carrés, d’une bâtisse datant du XIXe siècle, rue Dorlon à Charency-Vezin.

S’ajoutent quelques autres travaux dont la restauration d’une tourelle octogonale de plus de 150 ans, implantée au plus haut de la maison. C’est dans cette partie, la plus proche du ciel, que les artisans de la société NC Toitures ont déposé leur missive plastifiée : «On l’a glissée dans une boîte étanche afin qu’elle puisse passer le temps».

Valoriser leur savoir-faire et leur savoir-être

Pour expliquer leur initiative aux futurs couvreurs qui prendront le relais des travaux dans les prochaines années, les Longuyonnais tiennent à mentionner : «Nous avons mis notre savoir-faire au service de cette demeure avec la tourelle, la croupe et le bardage en ardoise naturelle (…)». Et de conclure, «bon courage sur les lattes, compagnons».

Maintenant, ils espèrent que cette correspondance, dont ils n’auront jamais de réponse, traversera les années : «Quand je vois parfois sous les toits des piles de journaux ou de magazines qui ont servi d’isolant, je me dis que notre mot devrait rester en l’état».

Cette trace laissée aux générations a deux objectifs. D’une part, faire la promotion d’un métier parfois en manque de reconnaissance. Et d’autre part, «c’est pour mes enfants Abel et Isaac que je bâtis tout ça. J’aimerais qu’ils soient fiers de leur papa».

À la fin de l’année, les couvreurs se rendront à Montmédy, dans la Meuse, pour une restauration qui va durer trois mois. Ils le promettent déjà : «Nous allons réitérer» la missive.

Chrystelle Thévenot
(Le Républicain lorrain)

Newsletter du Quotidien

Inscrivez-vous à notre newsletter et recevez tous les jours notre sélection de l'actualité.

En cliquant sur "Je m'inscris" vous acceptez de recevoir les newsletters du Quotidien ainsi que les conditions d'utilisation et la politique de protection des données personnelles conformément au RGPD.