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Le pari du flou

Attendue depuis de longues semaines, la tripartite sur la crise énergétique va enfin débuter cet après-midi. Il est à préciser qu’il s’agira d’un premier round technique, dominé par les experts du Statec et par le commissaire à l’Énergie.

L’objectif est de dresser un état des lieux sur la situation économique et sociale du pays. Des prévisions et chiffres qui doivent servir de base pour les tractations à venir.

Disposer de données fiables aura toute son importance au moment de se pencher sur des mesures, qui doivent être ciblées et produire leurs effets à court terme.

Aucun éclat n’est donc à prévoir en ouverture de la tripartite. Que va-t-il se passer le 2 juin, date des véritables négociations? Le Premier ministre, Luc Frieden, a décidé de définir un ordre du jour vague qui laisse aux partenaires sociaux la «liberté de mettre sur la table l’ensemble des mesures qu’ils considèrent nécessaires pour amortir les effets de la crise».

Les propositions devraient toutefois avoir un lien avec la crise actuelle. Il reste ainsi très improbable de voir la tripartite discuter du système de soins de santé, comme le réclame l’Union OGBL-LCGB. Le gouvernement, par contre, semble avoir entrouvert une porte pour parler du salaire minimum et du logement.

L’ordre du jour laissé vague représente à la fois une chance et un risque. Le point sur lequel Luc Frieden a surpris est l’annonce que l’«index est gravé dans le marbre». Un engagement qui peut aider à renouer une relation de confiance avec les syndicats. Il n’empêche, le front syndical uni est fragilisé.

Contrairement aux syndicats du secteur privé, leurs homologues du secteur public voulaient un ordre du jour resserré. Une revendication qui rejoint celle de l’union patronale UEL, peu surprise par la mise à l’écart de l’index des discussions.

L’objectif serait désormais d’éviter une inflation galopante avec le déclenchement de plusieurs tranches indiciaires à très court terme. Sans levée du blocage du détroit d’Ormuz, le Statec prévoit un deuxième index, après celui de juin, avant la fin septembre.

De trop pour les entreprises et une fausse bonne nouvelle pour les ménages qui se retrouveraient face à une flambée des prix importante. Il n’y a plus de temps à perdre.

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