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La guerre au Moyen-Orient s’aggrave


Des habitants observent un immeuble endommagé par une frappe aérienne israélienne dans la banlieue sud de Beyrouth. Le conflit s'est étendu au Liban, depuis où opère le Hezbollah. (Photo : afp)

La guerre lancée samedi s’étend sur de multiples fronts avec de nouveaux raids américains et israéliens sur l’Iran, qui continue à viser les pays du Golfe et même le territoire de l’Union européenne à Chypre.

Au troisième jour de la guerre, chaque camp affichait sa détermination à poursuivre les hostilités et les pays du Golfe ont menacé de riposter si nécessaire à «l’agression» iranienne.

Israël a étendu ses opérations au Liban, en  y menant de meurtrières frappes massives, en riposte à une attaque du mouvement chiite Hezbollah en soutien à Téhéran. En Iran, de violentes explosions ont secoué différents quartiers de Téhéran. Des frappes ont également été signalées dans le centre et l’ouest du pays.

Le Croissant-Rouge iranien a annoncé un bilan de 555 morts depuis samedi.

Au Liban, le gouvernement libanais a vivement réagi à l’entrée en action du Hezbollah contre Israël, qui risque de provoquer une nouvelle guerre meurtrière après celle de 2023-2024. L’armée israélienne a affirmé lundi soir que «toutes les options étaient sur la table», interrogée sur la possibilité d’une attaque au sol contre le Hezbollah.

Des avions de combat abattus

La République islamique a continué à lancer des missiles et drones en direction d’Israël, qui a prolongé la fermeture des écoles, des bureaux et l’interdiction des rassemblements jusqu’à samedi. Des explosions ont été entendues à plusieurs reprises à Jérusalem.

Selon les gardiens de la révolution, l’Iran a attaqué «60 cibles stratégiques et 500 cibles militaires» américaines et israélienne depuis samedi, dont les bureaux du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Plusieurs avions de combat américains se sont écrasés au Koweït, mais les équipages ont survécu. Ils ont été abattus «par erreur par la défense aérienne koweïtienne».

Les gardiens de la révolution ont revendiqué l’attaque d’un pétrolier, présenté comme lié aux États-Unis, dans le détroit d’Ormuz, et de nouveau visé les riches pays du Golfe, qui abritent plusieurs bases militaires américaines. Mais «la riposte défensive de l’Iran contre les bases militaires américaines (…) ne devrait pas être considérée comme une attaque iranienne contre ces pays», a soutenu son chef de la diplomatie, Abbas Araghchi.

Le Qatar a pourtant abattu deux bombardiers en provenance d’Iran – une première depuis le début de la guerre – après des attaques de drones sur des sites de sa compagnie QatarEnergy, qui a suspendu sa production de gaz naturel liquéfié (GNL).

Le Koweït a été parmi les plus touchés. Une épaisse fumée noire s’est élevée dans la matinée au-dessus de l’ambassade américaine et d’une centrale électrique dans le nord. À Abou Dhabi, un incendie s’est déclaré sur un site de stockage de carburant visé par un drone. Des explosions ont aussi été enregistrées en Arabie saoudite, à Bahreïn et aux Émirats arabes unis, où l’aéroport de Dubaï a suspendu tous ses vols.

Face à l’extension d’un conflit protéiforme, l’inquiétude a gagné les marchés financiers, faisant grimper les cours des hydrocarbures et du dollar. Les Bourses internationales affichaient des pertes conséquentes pour leur premier jour d’ouverture depuis le début des hostilité, sans toutefois céder à la panique.

Trump évoque des troupes au sol

Malgré la mort de nombreux responsables iraniens, dont celle du guide suprême Ali Khamenei, le chef du Conseil suprême de sécurité nationale, Ali Larijani, a affirmé que son pays se battrait «quel que soit le prix», pour «défendre farouchement» sa «civilisation vieille de 6 000 ans». «L’Iran, contrairement aux États-Unis, s’est préparé à une longue guerre», a-t-il lancé, rejetant toute négociation avec Washington.

Donald Trump a entrepris lundi de préparer les Américains à une guerre en Iran qui pourrait durer un mois, voire plus, voire impliquer des troupes au sol. «Nous sommes déjà nettement en avance sur nos prévisions. Mais quel que soit le délai, ce n’est pas grave, quoi qu’il en coûte, nous y arriverons toujours», a affirmé le président américain, ajoutant que «nous avons les capacités nécessaires pour aller bien au-delà» de quatre ou cinq semaines, le délai qu’il avait évoqué la veille.

Il a assuré que ses objectifs étaient «clairs» : détruire les capacités de missiles balistiques iraniennes, ainsi que la marine; assurer que l’Iran ne se dote pas de l’arme nucléaire; et enfin empêcher Téhéran de soutenir des groupes armés tels que le Hezbollah libanais ou le Hamas palestinien dans la région.

«Je n’ai pas le trac en matière de troupes au sol – comme tous ces présidents qui disent  »Il n’y aura pas de troupes au sol ». Je ne dis pas ça», a par ailleurs confié le président américain au New York Post, ajoutant : «Je dis  »Nous n’en avons probablement pas besoin » ou  »Si c’était nécessaire »».

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