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Construction : un léger mieux sur l’emploi, mais l’activité reste à la peine


La confiance remonte dans le secteur de la construction.

Malgré une amélioration du climat de confiance et un frémissement de l’emploi, le secteur luxembourgeois de la construction reste englué dans une activité faible et des investissements contrastés.

Le secteur de la construction au Luxembourg envoie des signaux contrastés en ce début d’année 2026, selon la dernière conjoncture flash émise par le Statec ce mardi 24 février. Si le climat des affaires et le marché du travail montrent des signes d’amélioration, l’activité globale demeure faible et l’investissement évolue de manière inégale selon les segments.

Dans son communiqué, le Statec souligne que «le ressenti des entreprises de la construction au Luxembourg s’améliore et des signes positifs s’observent sur le marché du travail. Cependant, l’activité continue de stagner à un niveau faible et l’investissement affiche des évolutions contrastées (meilleures pour le logement, moins bonnes pour les autres bâtiments et ouvrages de génie civil).»

Une confiance en hausse, mais fragile

Selon les enquêtes de conjoncture, «la confiance des entreprises du secteur de la construction […] s’est graduellement améliorée au cours de 2025, mais a perdu son élan au tournant de l’année». Cet indicateur repose à la fois sur «l’opinion sur l’état du carnet de commandes» et sur «les perspectives d’emploi».

Ces dernières ont connu «une forte augmentation au 1er semestre 2025» avant de «fluctuer depuis l’été autour de leur moyenne de long-terme». Sur le terrain, cela s’est traduit par un ralentissement des réductions d’effectifs : «les baisses des effectifs devenaient de moins en moins importantes au fil de l’année» et, fait notable, «au 4e trimestre 2025, l’emploi dans la construction aurait même augmenté de 0,1 % sur un trimestre […], une première depuis presque trois ans».

Des signaux précurseurs étaient déjà visibles : «une forte hausse des heures des intérimaires dans la construction s’observait déjà au 3e trimestre (+9,4 % sur un trimestre)». Par ailleurs, «les offres d’emploi sont aussi orientées à la hausse depuis un semestre», leur nombre ayant progressé «d’environ un tiers entre juin et décembre 2025».

La situation reste néanmoins contrastée. Le Statec relève que «le nombre de demandeurs d’emploi issus de la construction enregistrés auprès de l’Adem est resté relativement constant ces derniers mois» et que «les pertes potentielles d’emploi liées à des faillites ont augmenté fin 2025».

Des carnets de commandes mieux orientés

L’amélioration du marché du travail s’accompagne d’un jugement plus favorable sur l’activité à venir. «La perception des entreprises sur l’état de leur carnet de commandes […] affiche une hausse graduelle depuis un an», note l’institut de statistiques. Toutefois, ce niveau «demeure inférieur au niveau (élevé) qui prévalait avant la crise dans le secteur et à la moyenne de long-terme».

Du côté des autorisations de bâtir, «les tendances sont moins nettes». La «surface utile autorisée, notamment pour des bâtiments résidentiels, tendait à stagner à un niveau faible depuis plus d’un an». Si «le 3e trimestre 2025 marque une progression conséquente», le Statec avertit que, «vu la forte volatilité de la série, il paraît prématuré d’en déduire une tendance haussière généralisée».

Investissements : le logement résiste, le reste recule

En matière d’investissement (entendu comme la formation brute de capital fixe, hors transactions de bâtiments existants), la dynamique est également mitigée. Les projets de construction étaient «plutôt stables en 2024 et début 2025, avant de diminuer au 2e et 3e trimestres 2025».

Mais «cette évolution cache cependant des mouvements divergents selon les domaines». D’un côté, «les investissements en logements», après avoir «diminué encore jusque fin 2024», «se redressent légèrement depuis et sont au 3e trimestre plus élevés de 3 % qu’un an auparavant». De l’autre, «les investissements en bâtiments non résidentiels et ouvrages de génie civil […] témoignent d’un repli aux 2e et 3e trimestres 2025».

Une activité encore loin des niveaux d’avant-crise

En définitive, «la valeur ajoutée brute de la construction s’est plutôt stabilisée à un faible niveau», soit «environ 30 % inférieur au niveau moyen pré-crise, observé entre 2015 et 2021». Le constat est sans ambiguïté : «même si la situation dans la construction ne se dégrade plus, la reprise ne semble que balbutiante».

À l’échelle internationale, les évolutions restent contrastées. En Allemagne, «la confiance des entreprises s’améliore», mais «la valeur ajoutée et les investissements en logements continuent de s’affaiblir légèrement». À l’inverse, en France, «une reprise s’observe pour les investissements en logements et, plus récemment, pour l’activité», tandis que «la confiance des entreprises est encore morose».

Au Luxembourg, le secteur semble ainsi engagé dans une phase de stabilisation fragile : la dégradation est enrayée, mais la consolidation reste à confirmer.

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