ProVelo rapporte un incident survenu lors de sa sortie «Critical Mas(s)k», le vendredi 13 février. L’ASBL en tire un nouvel appel à renforcer la protection des cyclistes.
Dans un communiqué diffusé ce lundi, ProVelo revient sur la balade qu’elle a organisée le 13 février à Luxembourg, balade qui aurait pu se terminer tragiquement. Ce concept hybride «entre une parade de carnaval et une manifestation de masse critique» avait pour objectif de mettre en lumière «la nécessité d’améliorer la sécurité des cyclistes». Selon l’association, de 25 à 30 participants ont pris part à cette boucle entre le Glacis et le Knuedler, en passant par la gare, Gasperich et Bonnevoie.
Le groupe, composé d’adultes et d’enfants, circulait «dans une ambiance joyeuse» lorsque l’incident s’est produit au retour, à Bonnevoie, dans la rue des Trévires, réservée aux vélos. Toujours selon le communiqué, «un automobiliste impatient» a tenté de dépasser illégalement le groupe avant de percuter un cycliste situé en queue de peloton au moment où la chaussée se rétrécissait. ProVelo précise qu’un seul cycliste a été touché et qu’il n’a subi que des blessures mineures.
Joint par le Tageblatt, le cycliste a expliqué qu’il roulait en queue de peloton pour surveiller les autres. Une voiture derrière lui a fait des appels de phares à plusieurs reprises, a accéléré brusquement et lorsque la voiture a tenté de le dépasser par la gauche, elle l’a heurté. Il est alors tombé, la chute endommageant fortement son vélo.
L’association indique que les secours ont été alertés, avec l’intervention d’une ambulance et de la police. Elle affirme aussi que la patrouille venue constater les faits a d’abord estimé, comme le conducteur, que le cycliste était en tort parce qu’il roulait à deux de front et que le dépassement était autorisé.
ProVelo soutient au contraire que ni la patrouille présente sur place, ni le service consulté pour vérification n’étaient correctement informés des règles applicables dans une rue cyclable concernant la circulation côte à côte et le dépassement des cyclistes. Selon la réglementation de la Ville de Luxembourg, dans les rues cyclables, les cyclistes peuvent occuper toute la largeur de la chaussée, rouler côte à côte et les véhicules motorisés ne sont pas autorisés à dépasser les autres véhicules ni les cyclistes. L’association ajoute que ce n’est qu’«après de longues discussions» que la situation a pu être clarifiée sur place.
Une pétition à signer
Au-delà de l’incident, ProVelo réaffirme ses critiques de longue date à l’égard de certaines rues cyclables, qu’elle juge insuffisamment sécurisées en raison d’un manque d’infrastructures ou de réglementation permettant de réduire le trafic de transit. D’après l’association, ces lacunes exposent encore les cyclistes à des situations de conflit avec les automobilistes.
Elle estime également que cet épisode met en évidence la nécessité d’une meilleure sensibilisation aux règles de circulation, auprès aussi bien du grand public que des forces de l’ordre, notamment lorsqu’il s’agit de protéger les usagers vulnérables. Le communiqué interroge enfin l’efficacité des campagnes menées par la police, le ministère ou la Sécurité routière pour atteindre leurs publics cibles.
ProVelo profite enfin de ce communiqué pour rappeler l’existence de la pétition n° 3904, intitulée «Modification du code de la route et du régime de responsabilité civile pour renforcer la sécurité des cyclistes et des usagers vulnérables». L’association explique que cette pétition souhaite simplifier la situation des cyclistes dans des cas comparables, en déplaçant la charge de la preuve de l’usager vulnérable vers l’usager dont le mode de transport fait peser un risque inhérent sur les autres.
ProVelo considère que cette sortie confirme la nécessité de poursuivre le travail en faveur de meilleures infrastructures, d’une sécurité accrue et d’un plus grand respect entre usagers de la route et annonce vouloir organiser d’autres sorties similaires.
À noter enfin que le concept de masse critique existe depuis le début des années 90 et a vu le jour à San Francisco. Depuis, il s’est répandu dans plus de 300 villes à travers le monde, et il arrive maintenant au Luxembourg, où «les conducteurs ont encore tendance à ne pas être conscients de notre présence, car ils n’ont pas l’habitude de côtoyer des cyclistes», précise le groupe d’activistes Critical Mass Luxembourg, sur ses réseaux sociaux. «Il est temps que les conducteurs acceptent notre présence et nous traitent comme des usagers de la route légitimes et égaux. Il est temps qu’ils prennent davantage conscience de notre existence», conclut le groupe.