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[Wimbledon] Muller : « J’ai sorti tout ce que j’avais »


"Je n'aime pas passer par des moments comme ceux vécus ce mercredi, même si quand tu l'emportes, c'est génial", a lancé la tête de série n°16. (photo AFP)

«Mulles» a bataillé 3h37 mercredi pour l’emporter 7-5, 6-7(7), 4-6, 6-3, 9-7 face au Tchèque Lukas Rosol après avoir dû sauver notamment deux balles de match. Il s’est ainsi qualifié pour son premier 3e tour en Grand Chelem depuis l’Open d’Australie 2015. Il n’avait plus été à pareille fête sur le gazon anglais depuis 2011.

UN MATCH JAMAIS SOUS CONTRÔLE

«Ce fut un match très difficile à gérer.» Voilà la première phrase lâchée par Gilles Muller après sa victoire mercredi au 2e tour de ces Internationaux de Grande-Bretagne. Et elle résume à merveille la fin de matinée et le début d’après-midi passés hier par le Reckangeois.

Son adversaire Lukas Rosol n’avait rien du 215e joueur mondial que renseigne son classement ATP actuel et qui est essentiellement dû à des soucis d’ordre privé (divorce) et de multiples blessures. Avant la rencontre, le Tchèque nous avait confié qu’il espérait pouvoir évoluer au même niveau que celui qui lui avait permis d’éliminer Rafael Nadal du même Wimbledon en 2012. S’il n’y était sans doute pas, l’ex-26e joueur mondial a tout de même fait très mal à «Mulles», avec un service supersonique et quelques incroyables coups gagnants.

«Je ne suis pas toujours très lucide sur le terrain. En sortant du court, je n’avais pas le sentiment que mon adversaire avait réalisé une partie incroyable, mais Benjamin (NDLR : Balleret) et Alex (NDLR : Lisiecki, ses deux coaches) m’ont dit assez rapidement que c’était bien le cas. Il a très bien joué. Il a su me mettre en difficulté tout au long d’un match que je n’ai jamais eu l’impression d’avoir sous contrôle. Sauf peut-être au premier set. Et encore, vu que j’ai dû sauver quatre balles de break quasiment d’entrée..», reconnaissait le n°1 luxembourgeois.

UN CHANGEMENT DE TACTIQUE PAYANT

«Il m’a pratiquement donné le break qui m’a permis de remporter le premier set (NDLR : deux doubles fautes et une grosse faute directe dans le jeu en question). Je suis alors tombé dans une dynamique où je me contentais de remettre la balle dans le terrain, en attendant qu’il commette la faute. En me disant que vu comment il jouait (NDLR : en cherchant pratiquement à chaque point le coup gagnant), il allait bien finir par placer à chaque fois celle-ci dehors», expliquait encore Muller.

Une tactique qui aurait pu s’avérer payante, le 26e joueur mondial obtenant des balles de break en début de deuxième manche et même une balle de deux sets à zéro dans le tie-break qui a suivi. «Cela s’est joué à peu. Mais la partie a commencé à tourner. Le fait d’avoir raté ces occasions-là m’a fait stresser. Et la perte de la deuxième manche m’a mis un coup au moral.»

La relative passivité de «Mulles» couplée à un Rosol déchaîné ont permis au Tchèque de renverser la vapeur pour mener 2 sets à 1.

«Je râlais contre moi-même, mais je me suis dit qu’il fallait serrer les dents et changer quelque chose. J’ai donc commencé à jouer de manière plus agressive. Aller chercher le match.» On a alors revu le Muller qu’on aime. Celui qui joue service-volée et met la pression sur son adversaire. «Même comme ça, cela s’est joué à rien. Je sauve d’ailleurs deux balles de match (NDLR : à 5-6)… J’ai vraiment sorti tout ce que j’avais. Je vous avoue que je n’aime pas passer par des moments comme ceux vécus ce mercredi, même si quand tu l’emportes, c’est génial.»

UN 3e TOUR JOUABLE

Grâce à ce succès arraché au bout de 3h37 de combat sous un soleil de plomb (on a dépassé les 30°C), «Mulles» est donc au 3e tour. Un petit événement quand on sait qu’il n’a plus été à pareille fête depuis 2015 (Open d’Australie) et que dans toute sa carrière, il n’en a joué que six jusqu’à présent.

C’est la troisième fois que ce sera le cas sur le gazon anglais. Les deux premières se sont soldées par autant de défaites, face à Richard Gasquet (alors 20e mondial) en 2005 et Rafael Nadal (n°1 à l’ATP à l’époque) en 2011. Ici, le nom de son adversaire, Aljaz Bedene (27 ans), est beaucoup moins ronflant et son classement, 58e, laisse augurer de plus belles perspectives.

«Je l’ai battu deux fois, notamment à ‘s-Hertogenbosch voici quelques jours. Je sais que c’est un garçon dangereux. Aux Pays-Bas, il menait d’ailleurs 3-1 dans la troisième manche. Il est très bon cette saison, d’ailleurs, il me semble qu’il n’est pas loin derrière moi à la Race (NDLR : Muller est 21e, tandis que Bedene est 34e)», glissait un Gilles Muller qui s’est rapproché mercredi à un succès des huitièmes de finale et de la deuxième semaine de Wimbledon.

A Londres, Julien Carette

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