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[Football] Saibari, la révélation inattendue du Maroc


Ismael Saibari a inscrit les deux buts du Maroc dans ce Mondial. (Photo : afp)

[MONDIAL-2026] Milieu de terrain au parcours chaotique, Ismael Saibari n’était pas prédestiné à devenir le héros des Lions de l’Atlas, et encore moins l’une des révélations du tournoi.

Avec quatre points au moment d’affronter une équipe d’Haïti déjà éliminée, mercredi à Atlanta, le Maroc a déjà un pied en 16es de finale et est en concurrence pour la première place avec le Brésil, en tête du groupe C à la différence de buts, et dans une moindre mesure avec l’Écosse (trois points). Une place qu’il doit sans aucun doute à Ismael Saibari. Auteur du but lors du probant match nul contre la Seleção (1-1), le n° 11 marocain a aussi été le héros de la petite victoire contre les Écossais (1-0). «Je ne suis pas le seul, je pense que toute l’équipe est vraiment à fond», a-t-il relativisé après le succès contre l’Écosse. «On a une bonne équipe avec beaucoup de bons joueurs. Ça facilite le jeu.»Quoi qu’il en pense, le milieu du PSV Eindhoven – déjà annoncé au Bayern Munich par plusieurs médias – est bel et bien entré dans une nouvelle dimension lors de ce Mondial. Il est un élément central du jeu de Lions de l’Atlas encore ambitieux, quatre ans après leur demi-finale perdue contre la France. En 2022, Saibari était loin de l’aventure au Qatar, d’autant qu’à l’époque, il n’avait pas encore opté pour la sélection marocaine…Malformation des pieds et excès de poids

Né en 2001 à Terrassa, près de Barcelone, Saibari a dès son plus jeune âge connu l’adversité, souffrant dans son enfance d’une malformation congénitale des pieds. «Mes pieds étaient tournés vers l’intérieur et je me déplaçais à l’aide d’appareils de marche», raconta-t-il la télévision suédoise Västerbotten. «Mon médecin avait dit à mes parents que je pourrais ne jamais marcher de toute ma vie.»

Il a cependant suivi un long protocole de soins, incluant l’utilisation d’appareillages orthopédiques spécialement conçus pour l’aider à se tenir debout et à marcher. «Ma mère a prié pour moi. Je voulais simplement avoir une vie normale, pas nécessairement devenir footballeur», confiait-il encore.

Saibari, qui a débuté sa carrière au sein du club de Terrassa, a rejoint à six ans avec sa famille la Belgique, où il a poursuivi sa formation. Un nouvel obstacle sur la route du succès s’est présenté quand le club belge d’Anderlecht l’a écarté de son effectif en raison d’un excès de poids.

La déception n’a pas entamé sa détermination, et l’a poussé au contraire à travailler encore plus dur dans d’autres clubs belges (Malines puis Genk). Et c’est au PSV, qui l’a recruté en 2020, que son talent a éclaté, au sein d’un effectif qui a remporté les trois derniers championnats des Pays-Bas.

À un but d’un record… alors qu’il est milieu

S’il venait à trouver le chemin des filets contre Haïti mercredi, il deviendrait le premier joueur africain à marquer lors des trois matches de la phase de groupes d’une Coupe du monde. Cette troisième réalisation lui permettrait d’égaler le record du nombre de buts inscrits par un joueur marocain dans la compétition suprême, détenu par l’attaquant d’Al-Ittihad Youssef En-Nesyri, que le sélectionneur Mohamed Ouahbi a choisi de ne pas retenir.

Saibari n’est pourtant pas un n° 9 de métier. C’est un milieu que son entraîneur utilise comme faux numéro neuf, meneur de jeu ou ailier, dans un schéma de jeu sans véritable avant-centre traditionnel. Avec le PSV, il a déjà marqué 42 fois en 142 matches, et délivré 29 passes décisives. «L’idée d’utiliser Saibari dans ce rôle est née lorsque j’ai pris en main cette sélection, a expliqué Ouahbi. Je voulais imposer mes principes de jeu et les appliquer avec les meilleurs joueurs disponibles.» Un pari plus que payant, pour l’instant.

Brésil : la qualification avec la manière… et Neymar?

Le Brésil doit battre l’Écosse avec la manière, mercredi à Miami, pour rallier les 16es de finale du Mondial mais aussi faire taire les critiques sur la qualité de son jeu. Le nul face au Maroc (1-1) a posé beaucoup de questions sur une Seleção sans grandes individualités, à part l’ailier gauche Vinicius Jr, qui a égalisé ce jour-là.

La large victoire sur Haïti (3-0) a mis du baume au coeur du sélectionneur Carlo Ancelotti, sans effacer les doutes face une équipe caribéenne volontaire mais trop limitée. «Nous pouvons rivaliser avec n’importe quelle équipe, que ce soit Haïti ou la France, nous avons la qualité pour le faire», a assuré l’Italien après le match.

Si Ancelotti est privé de Raphinha, indispensable sur le côté droit et blessé contre Haïti, ce match pourrait aussi être le premier pour Neymar, appelé pour son quatrième et dernier Mondial malgré une blessure au mollet droit qui l’a tenu éloigné des terrains plus d’un mois. Le n° 10 de 34 ans a retrouvé l’entraînement collectif en fin de semaine dernière, mais il manquera sûrement de rythme pour débuter la rencontre.

Mais l’attaquant d’Arsenal Gabriel Martinelli a juré lundi que les joueurs étaient prêts à courir «20, 30 fois plus pour pouvoir mettre en valeur « Ney » ou « Vini »», avant d’assurer que Neymar avait retrouvé un «très haut niveau» malgré des blessures récurrentes qui l’ont écarté de la sélection depuis octobre 2023. Virtuellement qualifiés pour les 16es, les Auriverde veulent s’assurer la première place du groupe C en battant l’Écosse. Victorieuse d’Haïti (1-0) puis battue par le Maroc sur le même score, la Tartan Army n’est pas assurée de faire partie des huit meilleurs troisièmes.

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