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[Football] Confinés, les recruteurs des clubs comme des « lions en cage »


"En visionnant les images vidéo, on ne peut pas suivre les attitudes des joueurs, les réactions, notamment. Rien ne remplace la vision en live", regrette un recruteur de Clermont. (Photo : AFP)

« Ça nous fait tout drôle. » Les recruteurs, qui accumulent déplacements et matches pour repérer les meilleurs footballeurs, ont dû adapter leurs méthodes face à la pandémie de Covid-19 qui les contraint à rester chez eux, en s’appuyant sur des vidéos ou des logiciels de données.

« En ce moment, je suis un lion en cage. J’ai l’habitude de faire 100 000 kilomètres par an, je vois 250 matches par an, ça vous donne une idée de comment je suis », confie à l’AFP Laurent Calippe, « scout » à son compte passé par Bordeaux, Montpellier ou Sunderland. « Aujourd’hui, il n’y a plus rien, ça nous fait tout drôle », poursuit-il. Ligue 1, Ligue 2, championnats amateurs et étrangers, Coupes d’Europe, tournois de jeunes… Ces globe-trotters de la planète foot ont dû ranger leurs jumelles et calepins devant la propagation du nouveau coronavirus qui a suspendu toutes les compétitions sportives en Europe.

C’est à domicile, en raison du confinement, qu’ils observent désormais les joueurs, en vue de ficeler les effectifs pour la saison prochaine, dans un contexte concurrentiel entre clubs qui les maintient sous pression. « On reste toujours en contact avec les clubs. C’est un milieu où on ne peut pas se permettre de ne pas travailler. On a besoin d’être actif », explique Calippe. « On s’appelle beaucoup (au sein de la cellule de recrutement) et on échange les impressions. J’ai aussi des réunions avec le président et l’entraîneur », décrit pour sa part Gérard Bonneau, directeur de la cellule de recrutement du Servette Genève, en Suisse. Éloignés des bords de terrain, les recruteurs ont tourné leurs regards vers leurs écrans : plusieurs plateformes d’analyses en ligne leur offrent en effet des ressources en termes de vidéos et de statistiques pour trouver la perle rare.

 

« Je passe cinq heures par jour devant des vidéos »

« Nous travaillons sur des logiciels comme Wyscout, Scout7 ou InStat. Tout les clubs fonctionnent ainsi. On peut travailler de chez soi avec cela. Je passe cinq heures par jour devant des vidéos », explique Bonneau. « On fait faire des montages par des jeunes monteurs qui sont actuellement confinés et on les présente au coach », poursuit cet ancien de l’Olympique lyonnais. Rester à la maison permet aussi d’élargir les horizons, en allant voir des matches de pays de championnats « sud-américains, tunisien, algérien ou ailleurs en Afrique, que je n’ai pas eu le temps de voir, car je suis sur la route », décrit Laurent Calippe qui assure voir « deux à trois » rencontres par jour.

Mais ces logiciels ne livrent pas toutes les données : il manque l’impression du recruteur, qui aime voir du joueur observé ce que les caméras ne filment pas, son comportement au quotidien ou ses relations avec ses équipiers. « En visionnant les images vidéo par rapport à un match en direct de la tribune ou du bord de touche, on ne peut pas suivre les attitudes des joueurs, les réactions, notamment. Rien ne remplace la vision en « live » des matches, c’est clair », regrette Michel Ogier, recruteur pour Clermont (L2) en Auvergne-Rhône-Alpes.

« Ce qui me manque, c’est de ne pas aller sur le terrain pour recueillir des renseignements sur la personnalité des joueurs. J’aime bien visualiser dans la réalité », abonde Gérard Bonneau. « Il est possible que cela puisse augmenter le risque d’erreur de recrutement mais à part un joueur (NDLR : parmi ses cibles), je les ai tous vus en réel », explique-t-il. « On travaille toute l’année ! Heureusement qu’on avait travaillé en amont sinon, nous serions bien embêtés », prolonge Ogier, évoquant le recrutement effectué « à 90%, hors pro » à Clermont. Pour lui, cela avait commencé dès le mois d’août. Mais pour l’été prochain, les dates du mercato sont encore très floues…

LQ/AFP

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