Sacré pour la dernière fois en 2004, Arsenal a remporté mercredi son 14e titre de champion d’Angleterre, grâce au match nul de son dauphin Manchester City sur la pelouse de Bournemouth en clôture de la 37e journée de Premier League.
Dès le match nul du grand rival Manchester City à Bournemouth (1-1) lors de la 37e et avant-dernière journée, les fans du club au canon sont partis en procession, maillots sur le dos et écharpes au vent, inonder l’artère de Holloway Road du quartier d’Islington, celle qui mène au stade.
Arsenal attendait de remonter sur le trône du championnat d’Angleterree depuis 2004 et son dernier sacre, celui des « Invincibles » de l’entraîneur Arsène Wenger, avec Thierry Henry, Patrick Vieira ou Robert Pirès. C’est désormais assuré car, avec 82 points, les Gunners sont hors de portée de leur dauphin Manchester City, relégué à quatre longueurs alors qu’il ne reste plus qu’une journée à disputer, dimanche.
Deuxièmes en 2023, 2024 et 2025
Les Londoniens se rendront ce jour-là à Crystal Palace sans pression, le coeur léger avant d’aller défier le PSG, le 30 mai à Budapest en finale de la Ligue des champions. Les supporters avaient même commencé la fête dès lundi, à vrai dire, sur le parvis de l’Emirates, avant même la victoire étriquée contre Burnley (1-0) : arrivée du car des joueurs sous les cris et les fumigènes, et une banderole proclamant « Party on the streets of London » (la fête dans les rues de Londres).
C’est un clin d’œil, chambreur, aux supporters de City qui avaient déployé un message moqueur, « Panic on the streets of London » (une référence à une chanson d’un groupe de rock local), après leur victoire sur leur rival le 19 avril. L’équipe de Pep Guardiola était alors revenue à trois points du leader, avec un match en retard dans sa manche, de quoi alimenter la machine à dénigrement faisant d’Arsenal une équipe de « chokers » ou de « bottlers » s’écroulant toujours sous la pression.
Mais cette fois, et après trois dernières saisons terminées à la deuxième place, l’armada d’Arteta a franchi la ligne en premier, quitte à proposer un football moins emballant que les années d’avant. « Ce qu’on lui demande, c’est de gagner. La saison passée, ça jouait très bien. Sauf qu’au final, tu finis deuxième derrière Liverpool », rappelait début mai Robert Pirès.
Le club au canon aura donc attendu vingt-deux ans pour décrocher le quatorzième titre de son histoire en Premier League. Le propriétaire américain Stan Kroenke, milliardaire venu de l’immobilier, est récompensé de son choix et de sa patience à l’endroit d’Arteta, nommé fin 2019 pour redresser la barre d’un navire à la dérive.
Mercato réussi, défense de fer et coups de pieds arrêtés décisifs
Il y a quatre ans, son équipe terminait le championnat à la cinquième place, derrière l’ennemi Tottenham qui prenait le dernier billet pour la Ligue des champions, et à 24 points du Manchester City de Guardiola. Arteta a enfin pris le meilleur sur son mentor, précisément au moment où celui-ci a choisi de rendre son tablier, après une décennie à succès.
Les Gunners ont profité, certes, d’une relative défaillance de la concurrence, City et Liverpool en tête. A titre d’exemple, ils vont terminer la saison avec moins de points qu’en 2024 (89). Cela n’enlève rien au mérite de David Raya, William Saliba, Declan Rice ou encore Bukayo Saka, les nouveaux rois de la Premier League, efficaces et réguliers à défaut d’être toujours flamboyants.
Ils ont exploité au maximum les points forts de leur formation, à savoir une admirable défense de fer, une organisation tactique appliquée à la lettre et des coups de pied arrêtés décisifs, responsables de près de 40% des buts marqués en championnat.
Le très animé mercato de l’été dernier, dans le sens des arrivées avec Eberechi Eze, Martin Zubimendi, Cristhian Mosquera ou encore Viktor Gyökeres, le n°9 tueur qui manquait aux Gunners, a aussi pesé. Et mardi soir, le nord de Londres était rouge de plaisir.