VUELTA Relancé par l’abandon du leader Tadej Pogacar après une semaine de course, le Tour d’Espagne, écrasé par la chaleur, promet une bagarre à trois pour la victoire finale dimanche à Grenade entre Enric Mas, Félix Gall et Primoz Roglic.
GALL ET ROGLIC RESTENT DANS LE COUP
Deuxième du Giro en juin derrière le Danois Jonas Vingegaard, Félix Gall tient son rang, même si l’Autrichien attendait certainement plus des étapes de montagne, où il a en outre été placé dans les meilleures conditions par ses équipiers de Décathlon CMA-CGM. Mais que ce soit au train (dans l’Alto de Aitana sur la 9e étape) ou par fulgurances (jeudi au Calar Alto), jamais Gall n’a pu décrocher Mas. Il reste deux étapes de montagne, vendredi et samedi, au récent vainqueur du Tour de Burgos pour inverser la tendance.
Primoz Roglic peut lui aussi continuer à y croire, avec la perspective d’un contre-la-montre de 32 kilomètres jeudi, lors duquel le quadruple vainqueur de la Vuelta espère reprendre une minute voire plus, même si Enric Mas a affirmé lundi «ne pas redouter» ce chrono.
En outre, reprendre une minute ne serait pas suffisant pour terminer en rouge dimanche à Grenade, et le Slovène de 36 ans est apparu un peu court et isolé jusqu’ici en montagne.
VAN AERT-BRENNAN, DUO VORACE
Loin des premières places au général, Wout van Aert et Matthew Brennan ont cannibalisé les étapes de plaine et de moyenne montagne. Cinq victoires (un tiers des étapes) pour la formation Visma-Lease a bike grâce à eux : deux pour le Belge (par ailleurs maillot vert et toujours en lice pour le maillot à pois) et trois pour le jeune Britannique.
Ce dernier passe bien les bosses, il est intraitable au sprint et est également à l’aise sur les pavés, comme en témoigne son succès en Belgique à Kuurne en début de saison. À 21 ans, le Britannique a des airs de Van Aert, son leader et aîné de dix ans. Visma ne devra pas chercher bien loin un successeur au dernier vainqueur de Paris-Roubaix au moment de la retraite de ce dernier. Un Van Aert qui affiche par ailleurs l’état de forme d’un candidat au maillot arc-en-ciel à la fin du mois à Montréal.
CHALEUR EXTRÊME ET CONSÉQUENCES
Les coureurs ont eu très chaud ces derniers jours, et ce n’est pas terminé. Alors que les trois dernières étapes se sont disputées sous plus de 40 degrés, forçant la direction de course à raboter l’étape de dimanche, la suite s’annonce tout aussi caniculaire. Cette Vuelta a été dessinée principalement dans le sud du pays, où il fait traditionnellement très chaud mais où le réchauffement climatique accentue la canicule et met les organismes à rude épreuve.
Déjà, 34 coureurs ont jeté l’éponge (Alex Kirsch et Arthur Kluckers du côté des Luxembourgeois), certains (Tiberi, Tulett, Sivakov) pour des coups de chaud les ayant conduits à l’hôpital. Il reste ainsi 150 courageux (Mats Wenzel en fait partie), dont quelques-uns élèvent la voix pour mettre en garde contre les risques sanitaires accrus.
Certains émettent l’idée d’inverser Giro (mai/juin) et Vuelta, d’autres de déplacer le Tour d’Espagne en octobre, tandis que faire débuter les étapes tôt le matin se heurterait aux contraintes des audiences TV. Quoi qu’il en soit, après un Tour de France déjà caniculaire, l’Union cycliste internationale (UCI) n’échappera pas à un débat.
1. Mas (ESP/MOV) 52 h 05’56; 2. Gall (AUT/DCT) à 2’06; 3. Roglic (SLO/RBH) 2’10; 4. Carapaz (ECU/EFE) 4’24; 5. Onley (GBR/IGD) 5’44; 6. Omrzel (SLO/TBV) 6’14; 7. Skjelmose (DEN/LTK) 6’49; 8. Rodriguez (ESP/XAT) 7’01; 9. Berthet (FRA/GFC) 7’19; 10. Kuss (USA/TVL) 8’55…115. Mats Wenzel (LUX/EKP) 3 h 05’20…
Aujourd’hui, 6e étape Cortegana-Palos de la Frontera (186 km)