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L’UE promet un «soutien exceptionnel» aux agriculteurs face à l’envolée du prix des engrais


Pour mettre la pression, des organisations agricoles s'étaient rassemblées dès mardi matin devant le Parlement européen. (Photo : afp)

L’Union européenne a annoncé mardi qu’elle allait aider les agriculteurs fortement impactés par la flambée du prix des engrais.

Devant les eurodéputés à Strasbourg, le commissaire européen à l’Agriculture, Christophe Hansen, a promis mardi un «soutien exceptionnel» pour les agriculteurs touchés par l’augmentation du prix des engrais. Si Christophe Hansen n’a pas précisé le montant de cette aide, la Commission devrait utiliser a minima cette année les 200 millions d’euros restant dans la réserve agricole, un fonds destiné aux situations de crise. Mais l’exécutif européen voudrait aller plus loin en proposant d’augmenter plus largement cette réserve à l’avenir.

Pour mettre la pression sur l’UE, des organisations agricoles s’étaient rassemblées dès mardi matin devant le Parlement européen. «La Commission européenne ne comprend pas la gravité de la situation», a déclaré Francie Gorman, un représentant des agriculteurs irlandais. «Je pense que l’on va assister à une réduction de l’utilisation des engrais, ce qui entraînera une baisse directe des niveaux de production alimentaire», a-t-il mis en garde, aux côtés d’une centaine de manifestants.

Avant le conflit au Moyen-Orient, 30 % des engrais mondiaux transitaient par le détroit d’Ormuz. Depuis fin février, le prix des fertilisants a bondi en Europe. Ceux à base d’azote coûtent désormais autour de 500 euros la tonne, contre quelque 380 euros l’hiver dernier. À cela s’ajoute l’envolée du coût du gazole pour les tracteurs, qui a poussé nombre d’États à sortir le carnet de chèques pour limiter la facture.

Le plan d’action vise entre autres à soutenir les céréaliers, dans une situation particulièrement difficile. Gros consommateurs d’engrais, ils sont dans le rouge depuis trois ans à cause de l’effet combiné d’une récolte de blé catastrophique en 2024 et d’une année 2025 déjà marquée par des engrais très chers ainsi qu’un prix du blé sous les 200 euros la tonne.

Allègement des règles

Au-delà de l’urgence, l’Union européenne, qui importe de 30 à 70 % des engrais qu’elle consomme, compte agir à plus long terme avec deux mots d’ordre : la diversification des approvisionnements et l’augmentation de la production européenne. Bruxelles veut aussi alléger ses règles sur les nitrates pour autoriser les paysans à utiliser davantage de digestat, des résidus issus de la méthanisation des déchets organiques. Cet assouplissement inquiète les organisations environnementales qui craignent des pollutions de l’eau.

Pour les engrais produits en Europe, la Commission promet également des «flexibilités» sur sa tarification du carbone, à condition que les industries s’engagent à se décarboner et à développer des engrais alternatifs. Concernant les engrais importés, l’exécutif européen n’a en revanche pas l’intention de suspendre sa taxe carbone aux frontières (CBAM), en dépit des appels des agriculteurs et de plusieurs pays. Sur ce volet, la Commission a «déjà pris des mesures», insiste une porte-parole, avec une suppression temporaire de droits de douane sur les fertilisants, hors Russie et Bélarus, et une adaptation de la taxe carbone afin «d’atténuer fortement son impact».

Selon Bruxelles, remettre en cause cette taxe ouvrirait une brèche dans un mécanisme qui concerne d’autres secteurs polluants comme l’acier, l’aluminium, le ciment, l’électricité et l’hydrogène. De quoi désavantager les fabricants européens, qui tentent d’augmenter leur production.

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