Après un ralentissement marqué durant la pandémie, les retours de demandeurs de protection internationale déboutés et de personnes en séjour irrégulier repartent nettement à la hausse au Luxembourg depuis 2023.
Quelle est la situation des demandeurs de protection internationale ? Dans une réponse adressée aux députés André Bauler et Gusty Graas (DP), le ministre des Affaires intérieures a livré un bilan chiffré. Il explique tout d’abord que depuis 2023, les retours sont en nette hausse, après une baisse durant la période de la pandémie. «Il convient de noter que les retours ne se limitent pas aux personnes dont la demande de protection internationale a été refusée, mais s’étendent également aux personnes en séjour irrégulier», explique Léon Gloden, qui précise que la tendance se confirme pour 2026. Depuis six ans, au total 1 736 personnes sont parties du territoire luxembourgeois. Parmi elles, 1 187 de manière volontaire et 549 ont été des retours «forcés».
De plus, 187 personnes ont été réadmises vers un autre État membre. «Il s’agit de personnes en séjour irrégulier au Luxembourg, mais qui disposent ou disposaient d’un droit de séjour dans un autre État membre», précise le ministre. Léon Gloden note également que depuis 2020, 6 381 décisions de retour ont été prises au total. Parmi celles-ci, 1 514 ont été exécutées. «Il faut prendre en considération qu’une décision de retour n’est pas nécessairement exécutée au cours de l’année où elle a été émise. Entre la décision et son exécution s’écoulent souvent les délais de recours ou le temps nécessaire aux autorités du pays d’origine pour délivrer un document de voyage. Les taux des années les plus récentes sont donc toujours en hausse et ne sont pas directement comparables à ceux des années précédentes», détaille le ministre.
Mais pourquoi un retour n’a pas pu être effectué ? Plusieurs facteurs peuvent empêcher la réalisation d’un retour, qu’il s’agisse du manque de coopération du pays d’origine pour délivrer un document de voyage, d’un report pour motifs médicaux, d’un refus d’embarquement par le commandant de bord — notamment en cas de résistance physique —, de la fuite de l’individu, d’une suspension ordonnée par la justice administrative ou encore de l’expiration du délai légal de rétention. Un échec initial ne met cependant pas fin aux démarches, car la décision de retour reste exécutoire. Les autorités peuvent réorganiser l’opération, y compris au moyen de vols charters, ce qui conduit parfois à faire plusieurs tentatives pour une seule et même personne. Il n’existe toutefois pas de statistiques détaillant le nombre d’échecs attribuables à chacune de ces causes.