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Le Luxembourg consomme près de 4 tonnes d’antibiotiques par an


Malgré une légère tendance à la baisse, le Luxembourg se situe parmi les grands consommateurs en Europe. (illustration Fabrizio Pizzolante)

La consommation humaine d’antibiotiques au Luxembourg en 2017 a été estimée à au moins 5,12 millions de doses définies journalières (DDJ). L’OMS a pour sa part dénoncé lundi la mauvaise utilisation des antibiotiques au niveau mondial.

L’essentiel (plus de 92%) se fait en milieu ambulatoire et près de 8% en milieu hospitalier, selon les chiffres communiqués par le ministère de la Santé. Exprimée en poids, la consommation antibiotique ambulatoire est estimée à 3,7 tonnes/an. En comparaison, la médecine vétérinaire en a consommé 2,1 tonnes en 2016.

C’est une constante ces dernières années, les femmes utilisent plus d’antibiotiques que les hommes quel que soit l’âge. Ceux qui reçoivent le plus de prescriptions d’antibiotiques sont les enfants de moins de 10 ans et les personnes âgées de plus de 80 ans. Depuis des années, on constate toutefois une diminution de prescriptions chez les enfants, tandis que la prescription chez les personnes âgées augmente.

Les médecins généralistes sont les principaux prescripteurs (60%) en ambulatoire.

La consommation en ambulatoire reste donc élevée, même si une « légère tendance à la baisse » est observée ces quatre dernières années. Le Luxembourg se situe parmi les grands consommateurs en Europe, où la consommation moyenne d’antibiotiques approche les 18 DDJ pour 1 000 habitants par jour, et pointe en 2017 à la septième place. Malgré la baisse intervenue de 5,5% par rapport à l’année dernière, l’indicateur du niveau de consommation à Luxembourg (24,1 DDJ par 1 000 personnes et par jour) est largement au-dessus de la moyenne des pays participants.

Pénurie redoutée

L’Organisation mondiale de la Santé a de son côté mis en garde contre la hausse dangereuse de la consommation d’antibiotiques dans certains pays, mais aussi de la sous-consommation dans d’autres régions, qui entrainent l’émergence de « superbactéries » mortelles. Le rapport de l’OMS, qui se base sur des données de 2015 collectées dans 65 pays et régions, montre une différence importante de consommation.

« Ces différences indiquent que certains pays consomment probablement trop d’antibiotiques, alors que d’autres n’ont peut-être pas suffisamment accès à ces médicaments », a averti l’OMS.

Découverts dans les années 1920, les antibiotiques ont sauvé des dizaines de millions de vies en luttant efficacement contre des maladies bactériologiques comme la pneumonie, la tuberculose et la méningite. Mais au fil des décennies, les bactéries se sont modifiées pour résister à ces médicaments.

L’OMS a averti à de nombreuses reprises que le monde allait manquer d’antibiotiques efficaces et l’an dernier, l’agence spécialisée de l’ONU a demandé aux États et aux grands groupes pharmaceutiques de créer une nouvelle génération de médicaments capables de lutter contre les « superbactéries » ultra-résistantes.

 

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