Un homme âgé d’une trentaine d’années a été présenté devant le tribunal pour des faits de vols avec violence. Déjà bien connu de la justice pour des faits similaires, il a été condamné à 7 ans de prison ferme.
Rue de la Chapelle, quartier de Metz-Sablon. Nous sommes en plein après-midi, à la vue de tous. Comme à son habitude, Ginette*, habitante de Montigny-lès-Metz, sort se dégourdir les jambes et se balade dans le quartier sud-messin. Soudainement, un individu arrive par-derrière et tente de lui dérober son sac bandoulière, projetant violemment l’octogénaire au sol avant de la traîner tout en tirant sur le sac auquel elle s’accroche comme elle peut. L’agresseur arrive à ses fins et s’enfuit, laissant la victime gisant au sol.
Si elle s’en sort avec 4 jours d’ITT, ce n’est pas le cas d’Anne*, agressée la veille (jeudi 14 mai) dans les mêmes circonstances. Poussée par derrière, la victime tombe au sol, se fracture l’humérus gauche et s‘égratigne un peu partout, des blessures qui lui valent 50 jours d’ITT.
Grâce aux caméras de surveillance urbaine, les policiers municipaux identifient l’auteur des faits. Ce dernier est interpellé samedi 16 mai, avant d’être placé en garde à vue.
«Je n’ai pas voulu les blesser»
À la barre du tribunal correctionnel ce mardi 19 mai, le prévenu reconnaît les faits : «Mais je n’ai pas voulu les blesser; ça aurait pu être ma grand-mère.» Il explique s’en être pris aux deux personnes âgées pour «récupérer de l’argent» et par obligation : «On vient me racketter tous les jours et on menace ma fille [NDLR : à cause d’une ancienne affaire de vol avec violence, pour laquelle il a été condamné à 6 ans de prison] et je voulais juste qu’on me laisse tranquille», raconte-t-il d’une voix tremblante.
Également poursuivi pour évasion en semi-liberté, Étienne Regiani avait voulu fuir le centre de détention pour s’éloigner des racketteurs en question. Son conseil, Me llina Rundstadler, regrette que son client n’ait pas bénéficié «de la sécurité» normalement promise par le centre de semi-liberté : «Il a été frappé, menacé durement, lui ainsi que sa famille et sa fille.»
Le procureur compatit avec le prévenu et l’incite même à déposer plainte, mais s’interroge : «A-t-il vraiment fait ça sans vouloir être violent? Et n’y avait-il pas d’autres solutions pour trouver de l’argent?» La défense précise qu’il «a essayé de trouver un emploi, il a essayé de vendre ses affaires pour payer ses dettes, qui n’en sont pas, car il est victime de racket, de violences et de menaces.»
Un butin de 100 euros
L’avocate de Ginette décrit «un acharnement» pour «seulement deux billets de 50 euros», qui va avoir des «conséquences dramatiques» sur la santé de sa cliente, au psychique déjà fragile. «Encore à son âge, elle était autonome, mais depuis l’agression, elle a une peur bleue de sortir de chez elle. De plus, elle va devoir refaire tous ses papiers, car il a bien sûr jeté le sac à la poubelle.»
Si le ministère public requiert une peine de 5 ans d’emprisonnement ferme, le tribunal condamne finalement le prévenu à 7 ans avec maintien en détention. À cela s’ajoute l’interdiction du port d’armes pendant cinq ans et l’interdiction de séjour en Moselle pendant trois ans.
* Prénoms des victimes modifiés.