[Ligue 1 dames] Coraline Corplet, l’attaquante française du Racing, est devenue mardi la première lauréate du trophée Le Quotidien récompensant la meilleure joueuse de la saison.
Coraline Corplet vient d’un pays, la France, où l’expression «à jamais les premiers» a été popularisée un an avant sa naissance par les fans du premier club local à avoir remporté la Ligue des champions, en l’occurrence l’Olympique de Marseille en 1993. La joueuse mosellane pourra elle aussi, désormais, se targuer d’être «à jamais la première» : mardi, l’attaquante du Racing est devenue la première lauréate du trophée Le Quotidien récompensant la meilleure joueuse de la saison de Ligue 1.
Il faut voir là, comme la Française l’a souligné, «une forme de reconnaissance» de ses pairs, puisque les cinq nominées à cette élection avaient été désignées par les coaches et capitaines de Ligue 1, mais aussi du public luxembourgeois, puisque le vote des internautes a ensuite recueilli 614 voix.
Après avoir reçu son trophée dans les locaux de notre journal, Coraline Corplet, sacrée devant l’attaquante belge Emy Raty (SC Ell), l’avant-centre allemande Karoline Kohr (Swift Hesperange) et ses coéquipières luxembourgeoises Caroline Jorge et Edina Kocan, avec qui elle a été sacrée championne du Luxembourg pour la première fois de sa carrière (la sixième consécutive pour le club de la capitale), est revenue sur sa première saison on ne peut plus réussie au RFCU.
Vous êtes la première à remporter notre trophée de meilleure joueuse de la saison. Comment accueillez-vous cette distinction?
Je suis très contente, évidemment! Déjà, merci d’avoir mis en place ce trophée pour le foot féminin luxembourgeois. C’est une bonne chose, pour le mettre en lumière. J’espère que ça va continuer dans ce sens, car le foot féminin est en pleine évolution au Luxembourg et mérite d’être valorisé.
Est-ce une récompense à laquelle vous accordez du crédit et à laquelle vous vous attendiez?
M’y attendre, non, mais ça fait toujours plaisir de recevoir une récompense individuelle, même si pour moi les trophées collectifs sont les plus importants. Mais j’y accorde de la valeur, car j’ai été élue en partie par les coaches et les capitaines. C’est une forme de reconnaissance.
Justement, si on vous avait demandé votre avis, qui auriez-vous mis dans votre top 5?
Ce qui est sûr, c’est que j’aurais mis Célia Rigaud (sa coéquipière du RFCU, arrivée 6e du vote des coaches et capitaines)! Elle le méritait, mais malheureusement on met rarement en avant les défenseuses sur ces trophées, car on va surtout se baser sur les stats. On le voit, ce sont surtout des offensives qui ressortent, mais c’est bien que des personnes aient remarqué son travail. Bon, je ne donnerai pas d’autres noms, sinon ce ne serait pas très juste, car je ne mettrais que des joueuses du Racing (elle rit)!
Je ne pensais pas avoir la capacité de m’adapter aussi rapidement au Racing
Votre sacre intervient au terme de votre première saison au Racing seulement, signe que vous vous y êtes rapidement adaptée.
Étonnamment, oui!
Pourquoi « étonnamment »?
Car je ne pensais pas avoir la capacité de m’adapter aussi rapidement au Racing. Au Swift (2024/2025, sa première saison au Luxembourg), ça ne s’est pas vraiment passé de la même manière. La première partie de saison, je n’ai pas trop joué, c’est le coach de la deuxième partie de saison qui m’a plus donné ma chance. Cette année, j’ai tout de suite été bien accueillie, mise dans de bonnes conditions, ça a facilité mon intégration et ça m’a aidée à être performante.
Que récompense ce trophée, selon vous?
(Elle réfléchit) Il faudrait le demander aux votants! Disons que j’essaie, sur le terrain, d’être décisive au maximum pour l’équipe, de faire beaucoup d’efforts et de faire les meilleurs choix quand je suis en position offensive. Mon but est d’aider l’équipe à gagner, j’essaie d’être toujours dans le sens du collectif.
Il y a aussi ces statistiques : 36 buts et 15 passes décisives en 24 matches de championnat.
Bien sûr, l’objectif reste de marquer des buts quand on est attaquante. Ça donne de la confiance, on joue un peu plus libérée aussi, mais le résultat collectif reste le plus important. Et puis, j’ai envie de dire que c’est mon rôle de marquer : la gardienne fait ses arrêts, les défenseuses leurs interceptions, les milieux leurs passes clés et nous, les offensives, on doit apporter du danger et marquer. Donc, les buts, c’est un élément clé, mais ce n’est pas le plus important. Et faire marquer, c’est beau aussi!
Même si c’est courant pour le Racing, pour moi, ce titre de championnes a une saveur particulière
Cette saison 2025/2026 aura été celle de toutes les victoires pour vous.
C’était une année assez incroyable! Dès mon arrivée, j’ai découvert la Ligue des champions et, en plus, on a passé le premier tour pour la première fois de l’histoire du club et du pays. C’était une expérience vraiment dingue, on a vécu de grands moments et ça aussi, ça aide, en termes d’intégration. Ce genre de moments aide un groupe à se souder, d’autant qu’avec la qualification, on est parties une semaine en Albanie (théâtre du deuxième tour). Cette expérience restera gravée parmi les meilleurs souvenirs de ma carrière.
Et il y a aussi ce premier titre national…
Je l’attendais! C’est pour ça que je suis venue au Luxembourg après huit ans à Amnéville (actuellement en D4 française) : découvrir un autre championnat, relever un nouveau challenge et gagner des titres. Je suis très contente d’avoir atteint cet objectif. Même si c’est courant pour le Racing et que certaines filles dans l’effectif ont déjà été championnes cinq ou six fois, pour moi, ce titre a une saveur particulière. Maintenant, il finir le travail, terminer en beauté, et pour ça, il nous reste la finale de la Coupe (le 25 mai contre Differdange).
Quel regard portez-vous sur votre première saison au RFCU?
Je suis contente de m’être adaptée, d’avoir trouvé ma place dans cette équipe, mais si on ne parle que des statistiques, on peut toujours faire mieux. J’aurais pu être plus efficace dans certains matches, mais je reste très contente de ma première saison, surtout que sur le plan collectif, c’est une saison quasi parfaite. On va attendre la fin de la saison pour dire qu’elle est parfaite!
Sera-t-il possible de faire mieux la saison prochaine?
C’est difficile à dire, car à part le match nul qu’on a fait en première partie de saison (0-0 contre Differdange, le 8 novembre), on a gagné tous nos matches, parfois avec de gros scores… mais en étant perfectionniste, on peut toujours se dire qu’on peut gagner tous les matches la saison prochaine! J’espère surtout qu’on arrivera à faire mieux en Ligue des champions, en atteignant le troisième tour ou en participant à la Coupe Europa*.
*La deuxième Coupe d’Europe, créée en 2025, dans laquelle certaines équipes éliminées de la Ligue des champions sont reversées.