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Abus sexuels filmés : une « meute » de prédateurs condamnée en Espagne


Les manifestations et la grève générale féministes du 8 mars en Espagne - inédites par leur ampleur - avaient fait référence à ce fait-divers retentissant. (photo archives AFP)

Cinq hommes se surnommant « la meute » ont été condamnés à la prison jeudi en Espagne pour « abus sexuels » sur une femme aux fêtes de la San Fermin, mais le crime de viol n’a pas été retenu, ce qui a provoqué la protestation de féministes.

Survenue le 7 juillet 2016 pendant les fêtes populaires de la San Fermin en Navarre, l’affaire avait donné lieu au « procès de l’année » ultra-médiatisé en novembre 2017 à Pampelone. Les cinq Andalous âgés de 27 à 29 ans – qui se surnommaient « la meute » sur leur groupe de messagerie WhatsApp – ont été reconnus coupables du délit espagnol d’ « abus sexuel » sur une jeune Madrilène de 18 ans, aggravé d’ « abus de faiblesse », et condamnés à neuf ans de prison.

Mais les juges du Tribunal de Navarre n’ont pas retenu la notion de viol, selon la lecture publique du jugement. Et aussitôt après, des manifestants ont protesté aux portes du tribunal aux cris de « ce n’est pas un abus sexuel, c’est un viol ». L’un des accusés est membre de la Garde civile – actuellement suspendu de ses fonctions – un autre a appartenu à l’armée. Plusieurs étaient des supporters « ultras » du Séville FC.

« En train d’en baiser une à cinq »

Il leur a également été interdit d’approcher la victime à moins de 500 mètres et de la contacter pendant 15 ans. Ils devront lui verser, tous ensemble, une indemnisation de 50 000 euros. La peine de prison infligée est très inférieure aux réquisitions du parquet, qui demandait 22 ans et 10 mois de réclusion contre chacun d’eux et 100 000 euros d’indemnisation totale. Les prévenus, arrêtés dès le lendemain des faits, sont en détention provisoire depuis. Une des pièces centrales du procès avait été une vidéo de leurs actes, diffusée avec le message « en train d’en baiser une à cinq ».

La défense avait réclamé l’acquittement, en n’admettant que le vol du téléphone de la victime, abandonnée à demi-nue dans une entrée d’immeuble. Leurs défenseurs soutenaient que la jeune Madrilène – qui avait auparavant bu de la sangria – était consentante puisque qu’elle n’avait jamais semblé dire « non » à l’image. Cela avait suscité toute une vague de protestations en Espagne, avec le slogan « moi, oui, je te crois ».

La procureure avait rejeté les arguments des défenseurs en disant que « l’intimidation, gravissime, avait empêché la résistance ou la fuite ». Elle expliquait que la jeune femme, qui ne s’était jamais adonnée au sexe en groupe, avait rencontré ses agresseurs sept minutes avant le « viol ». Les manifestations et la grève générale féministes du 8 mars en Espagne – inédites par leur ampleur – avaient fait référence à ce fait-divers retentissant, notamment avec la pancarte « la pornographie crée des meutes ».

Le Quotidien/AFP

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