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Un ancien chef de l’ETA arrêté en France après 16 ans de cavale


Josu Ternera lors d'une manifestation dans les rues de Bilbao en 2002. (photo AFP)

Un des plus influents chefs de l’organisation séparatiste basque ETA, dissoute en 2018, Jose Antonio Urrutikoetxea Bengoetxea, a été arrêté jeudi en France après plus de 16 ans de cavale, ont annoncé les autorités espagnoles.

Plus connu sous le nom de Josu Ternera, cet ancien numéro un de l’organisation aujourd’hui dissoute après quatre décennies de violence avait été tour à tour l’inspirateur d’une stratégie d’attentats meurtriers puis promoteur de négociations de paix avec l’État espagnol avant d’être écarté de la direction du groupe.

Fondée en 1959 sous la dictature de Francisco Franco, l’ETA a tué au moins 829 personnes dans une campagne d’attentats pour l’indépendance du Pays basque. Elle avait décrété un cessez-le-feu en 2011 et s’est dissoute en mai 2018.

Ternera, 68 ans, a été arrêté « aux premières heures de la matinée aujourd’hui à Sallanches » en Haute-Savoie dans une opération conjointe avec la direction générale de la Sécurité intérieure française, a annoncé le ministère espagnol de l’Intérieur dans un communiqué. C’était, selon le ministère, le militant de l’ETA le plus recherché par les polices espagnole et française et il faisait l’objet d’un mandat d’arrêt international. Il avait échappé de justesse à plusieurs tentatives d’arrestation.

Ternera était recherché depuis 2002, quand, député d’Euskal Herritarrok, coalition nationaliste radicale, il était passé dans la clandestinité après avoir été cité à comparaître en justice pour son rôle présumé dans un attentat contre une caserne de la Garde civile à Saragosse, dans le nord de l’Espagne, qui avait fait 11 morts dont cinq enfants en 1987.

Voitures piégées

Il est considéré comme le commanditaire de cette attaque et l’instigateur de la stratégie d’attentats à la voiture piégée adoptée par l’ETA dans les années 1980. Selon les experts de la lutte antiterroriste, il avait mis sur pied le commando « itinérant » formé de militants français qui a été le plus meurtrier de l’organisation.

Chef de l’ETA de 1977 à 1992, il avait établi des contacts avec le gouvernement espagnol en vue de négociation de paix avant d’être écarté de l’état-major de l’ETA en 2006. Ternera, qui serait gravement malade, avait enregistré la « déclaration finale » par laquelle l’ETA a annoncé sa dissolution définitive en mai 2018.

Il avait rejoint l’ETA en 1970, cinq ans avant la mort de Franco et s’était réfugié en France un an plus tard. En 1990, il a été condamné par la justice française à dix ans de prison et cinq ans d’interdiction de séjour pour « association de malfaiteurs ».

« J’ai été, je suis et je serai toujours membre de l’ETA, je suis fier de l’être », avait-il déclaré lors de son procès. « Je milite dans les rangs de l’ETA depuis ma jeunesse, dès que j’ai pris conscience de la répression qui s’exerçait contre ma culture, mon pays et ma langue. J’ai alors voulu entrer dans une organisation qui luttait sur tous les fronts pour faire reconnaître le droit du Pays basque à l’indépendance », avait-il ajouté.

Le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, a rendu hommage dans un tweet à la Guardia civil et à la DGSI. « La coopération franco-espagnole a de nouveau démontré son efficacité », a-t-il dit. En France, on indiquait de source judiciaire que Ternera avait été arrêté en exécution d’un mandat d’arrêt suite à sa condamnation en 2017, en son absence, à 8 ans de prison.

AFP

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