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Procès des Khmers rouges : « S’il vous plaît, ne me violez pas »


Les deux adjoints de Pol Pot encore en vie -Nuon Chea, 89 ans, Khieu Samphan, 84 ans- comparaissent depuis 2011 pour leurs responsabilités dans les atrocités du régime. (Photo AFP)

Lors du procès pour génocide des deux adjoints de Pol Pot encore en vie, mercredi à Phnom Penh, une survivante a témoigné de la barbarie des Khmers rouges dans certains villages de la minorité musulmane des Chams, où des femmes ont été torturées et tuées en masse, parfois par décapitation.

Ce procès, soutenu par l’ONU, est consacré au génocide des Vietnamiens et de la minorité musulmane des Chams, aux mariages forcés, viols et autres crimes perpétrés dans plusieurs camps de travail et prisons entre 1975 et 1979 au Cambodge.

Encore adolescente au moment des faits, Math Sor a raconté mercredi l’arrivée dans son village de cadres du régime khmer qui ont enfermé et ligoté dans une maison une trentaine de femmes, avant d’emmener certaines d’entre elles. « J’ai entendu des femmes crier S’il vous plaît, ne me violez pas« , a raconté cette Cham, qui a perdu huit membres de sa famille, y compris ses parents et deux sœurs enceintes, pendant le bref mais brutal régime des Khmers rouges.

Humiliations quotidiennes

Elle a ensuite ajouté avoir vu au travers d’une fissure dans le mur, des soldats décapiter les femmes. Au-delà des massacres, elle a aussi évoqué les humiliations subies au quotidien par les survivants chams : l’obligation de se couper les cheveux, de porter des vêtements noirs, de parler khmer et de manger du porc.

En septembre dernier, d’autres survivants avaient évoqué les autodafés de Corans et les noyades collectives. Quelque 20 000 Vietnamiens et entre 100 000 et 500 000 Chams (sur un total de 700 000) ont été tués par le régime de Pol Pot, qui a fait quelque deux millions de morts.

L’idéologue du régime Nuon Chea, 89 ans, et le chef de l’État du « Kampuchéa démocratique » Khieu Samphan, 84 ans, comparaissent depuis 2011 pour leurs responsabilités dans les atrocités commises. Alors que les deux accusés ont déjà été condamnés à la prison à vie dans un premier procès, le deuxième, débuté en 2014, se penche sur les accusations de génocide des Vietnamiens et de cette minorité musulmane cham. Le procès pourrait durer jusqu’à 2016.

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