L’Union européenne va chercher lundi à relancer sa coopération avec la Syrie, la stabilité de ce pays longtemps déchiré par la guerre étant aussi une condition pour le retour des réfugiés syriens établis dans l’UE.
Quelque 13 millions de Syriens, soit près de la moitié de la population, ont besoin d’une aide alimentaire, selon ce responsable. En janvier, l’UE a promis une aide financière de 620 millions d’euros pour la période 2026-2027.
« Nous avons besoin que le gouvernement syrien de transition réussisse à instaurer la stabilité dans le pays, car c’est dans notre intérêt », a résumé un diplomate de l’UE à Bruxelles.
L’Europe fera « tout son possible » pour aider à la reconstruction de la Syrie, avait promis début janvier la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen après avoir rencontré le dirigeant syrien Ahmad al-Chareh à Damas.
Les Européens devraient ainsi décider de réactiver leur accord de coopération avec la Syrie, suspendu en 2011 en raison de la répression et des atteintes aux droits humains par le gouvernement du président Bachar al-Assad.
Avant cette interruption, les échanges entre la Syrie et l’UE atteignaient quelque 7 milliards d’euros. En 2023, les importations de l’UE en provenance de la Syrie étaient retombées à 103 millions d’euros et les exportations à 265 millions d’euros.
« Pas suffisamment vite »
L’UE veut aussi aller plus loin et entamer des négociations en vue de conclure un accord d’association, plus ambitieux, comme elle en a déjà conclu avec d’autres pays de la région comme l’Egypte, Israël ou le Liban.
Mais ces discussions prendront beaucoup de temps, reconnait-on à Bruxelles.
Et en attendant, l’Union européenne veut faciliter l’accès au financement pour les Syriens, une donnée essentielle pour relancer l’économie, ou aider les agriculteurs en fournissant par exemple des pompes pour l’irrigation.
L’UE va aussi signer un accord dans le domaine de la santé afin de permettre la réhabilitation d’un hôpital très important dans la région de Homs, a précisé un responsable de l’UE.
Ce retour à la stabilité en Syrie intéresse aussi en particulier certains Etats membres de l’UE, qui accueillent des centaines de milliers de Syriens ayant fuit la guerre dans leur pays.
La grande majorité, environ un million d’entre eux, a trouvé refuge en Allemagne, où le chancelier Friedrich Merz prône désormais un durcissement de la politique migratoire face à l’essor de l’extrême-droite.
Début avril, recevant le président syrien à Berlin, il avait exprimé le souhait que 80% de ces réfugiés rentrent chez eux dans les trois prochaines années. il avait ensuite corrigé le tir, faisant savoir que c’était le souhait du président al-Chareh lui-même.
Au Danemark, les autorités ne cachent pas non plus leur volonté d’encourager le retour des Syriens dans leur pays.
Encore faut-il que les conditions soient réunies.
« La plupart des Européens sont conscients du fait que, pour l’instant, les conditions sur le terrain ne s’améliorent pas suffisamment vite, en particulier sur le plan économique, pour convaincre les Syriens de plier bagage en Europe et de rentrer chez eux », explique ainsi à l’AFP Julien Barnes-Dacey, expert du Moyen-Orient auprès de l’ECFR, un groupe de réflexion bruxellois.
Et il n’est pas question de contraindre ces retours, souligne de son côté un responsable de l’UE.
La question sera à l’ordre du jour lundi et Bruxelles espère au moins obtenir lundi des « garanties » sur la régularité de ces discussions concernant le sort des réfugiés syriens dans l’UE, selon ce responsable.