Alors qu’une fragile trêve est en vigueur, de nouvelles frappes israéliennes dans le sud du Liban ont fait sept morts ce dimanche et touché des infrastructures publiques.
Le président libanais Joseph Aoun a exhorté Washington et la communauté internationale à «faire cesser» les attaques israéliennes sur son territoire, qui ont fait sept morts dimanche sur fond de fragile trêve. Ces frappes dans le sud du pays, qui ont également endommagé des bâtiments gouvernementaux et détruit un hôpital désaffecté, constituent «une dangereuse escalade (…) touchant les institutions de l’État libanais» ainsi que des établissements de santé, a dénoncé Joseph Aoun dans un communiqué. Il a appelé les États-Unis et d’autres pays à «agir d’urgence pour faire cesser ces violations».
Les bombardements ont touché différentes localités de la région de Nabatiyé. Vingt personnes ont également été blessées, parmi lesquelles des enfants, selon le ministère de la Santé.
L’armée israélienne a affirmé de son côté avoir riposté au lancement par le Hezbollah de deux drones contre ses soldats, sans faire de blessés, et dénoncé «une violation flagrante» du cessez-le-feu. Elle a ajouté avoir visé des membres et des infrastructures du mouvement chiite, notamment des «dépôts d’armes et des structures terroristes», ainsi qu’un «centre de commandement établi dans un bâtiment qui avait auparavant servi d’hôpital». Le Hezbollah n’a de son côté revendiqué aucune opération depuis juin.
Escalade des frappes et dégâts matériels
Israël avait émis plus tôt son premier ordre d’évacuation depuis plusieurs semaines, sommant les habitants du village d’Arab Salim de quitter les lieux. Sur les lieux de la frappe, qui a tué deux femmes, des objets personnels et un drapeau du Hezbollah gisent parmi les décombres, a constaté un correspondant de l’AFP. Aucun avertissement n’a été diffusé pour les autres lieux ciblés.
Selon les médias locaux, une frappe à Nabatiyé el-Faouqa a détruit l’ancien hôpital Ghandour, hors de service depuis des années. C’est «une nouvelle grave violation du droit international humanitaire», a fustigé le ministère de la Santé.
D’autres raids ont ciblé un parking dans la même région ainsi qu’un édifice historique de la ville, endommageant les bureaux des autorités chargées des finances et de l’agriculture. Un journaliste a observé d’importants dégâts sur les bâtiments voisins, les commerces et les véhicules, tandis que des engins de chantier déblayaient la chaussée. Le maire de Nabatiyé, Abbas Fakhreddine, a appelé le gouvernement libanais à «agir (…) et au moins à défendre ses institutions».
Un contexte de trêve sous haute tension
Le Hezbollah a entraîné le Liban dans le conflit régional en lançant, dès le mois de mars, des attaques contre Israël en soutien à l’Iran, son allié. Les représailles israéliennes ont fait plus de 4 300 morts, selon les autorités.
Si les hostilités ont faibli depuis juin à la suite d’un protocole d’accord américano-iranien et d’un accord-cadre entre le Liban et Israël, l’armée israélienne maintient des opérations sporadiques dans le sud, où elle occupe toujours une bande frontalière d’une dizaine de kilomètres.
Vendredi soir, des bombardements ont fait quatre morts dans le sud et l’est du Liban, l’armée israélienne disant là aussi avoir visé des «terroristes et infrastructures» du Hezbollah, y compris des «dépôts d’armes». La veille, Israël avait annoncé avoir pris le contrôle de la crête montagneuse Ali Taher, qui servait de position stratégique au Hezbollah à Nabatiyé. Le mouvement libanais n’a pas confirmé. De nouveaux pourparlers sont attendus ce mois-ci entre responsables libanais et israéliens, bien qu’aucune date n’ait été annoncée.