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« Le Brexit est mort ! » : joie des europhiles après le rejet de l’accord


"C'est merveilleux, c'est une étape de plus pour rester dans l'UE !", estiment les anti-Brexit. (photo AFP)

« On n’ira pas jusqu’au Brexit ! Le Brexit est mort ! ». Quelque 300 europhiles rassemblés devant le Parlement britannique ont applaudi mardi soir le rejet par les députés de l’accord de divorce avec l’Union européenne.

Les parlementaires ont rejeté par 391 voix contre 242 le Traité de retrait de l’UE, malgré d’ultimes modifications annoncées lundi par Theresa May à l’issue d’une rencontre à Strasbourg avec le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker.

« C’est merveilleux, c’est une étape de plus pour rester dans l’UE ! », jubile Nina Hawl, 82 ans qui manifeste sous les fenêtres du palais de Westminster « depuis quatorze mois », à chaque session parlementaire sur le Brexit. Ces anti-Brexit, repérables à leurs guirlandes lumineuses bleues et jaunes et en formes d’étoiles rappelant le drapeau européen, voulaient que le Parlement rejette l’accord pour ensuite organiser un nouveau référendum, espérant ainsi rester dans l’UE.

La crainte de violences

« On n’a pas pu voter à l’époque » du référendum qui a décidé de la sortie de l’UE en 2016, raconte Ellen Lorwerth, alors mineure. « S’il y avait un vote maintenant on pourrait participer ! », se réjouit cette jeune fille de 18 ans. Avec le Brexit, « les factures de téléphone vont augmenter quand on ira en Europe, on ne pourra plus prendre nos animaux de compagnie à l’étranger… « , selon Pat Gillies, soixantenaire venue spécialement de Reading, à 60 kilomètres de Londres.

Emma Knaggs, 37 ans, est aussi venue défendre sa « liberté de mouvement ». Il y a un an, elle a même lâché son poste « bien payé » dans une boîte de télécoms pour devenir volontaire à temps plein au sein d’un groupe anti-Brexit à Bristol. « Toute ma famille a bénéficié de la citoyenneté européenne. Mes parents ont vécu 28 ans en Belgique. J’y suis née, j’ai pu y apprendre d’autres langues », alors lutter contre « le Brexit est la chose qui m’importe le plus ».

La sécurité inquiète aussi ces anti-Brexit. Peter Benson, Irlandais de 55 ans vit depuis 35 ans au Royaume-Uni. « Je pense que le terrorisme peut revenir au Royaume-Uni si le Brexit a lieu », prédit-il en évoquant les colis suspects retrouvés à Londres et à l’université de Glasgow en Écosse la semaine dernière et revendiqués par un groupe se présentant comme l’Armée républicaine irlandaise (IRA). « C’est vraiment ce dont j’ai peur ».

« On doit quitter l’UE »

Au milieu de cette foule europhile, quelques dizaines de manifestants pro-Brexit affichent aussi un grand sourire. « Je n’avais jamais manifesté avant », raconte Julie Astell, entrepreneuse de 58 ans qui veut une sortie sans accord. « Mais je reviendrai cette semaine (…) pour l’avenir de mes enfants et de mes petits-enfants ». « On a voté pour quitter l’UE, donc on doit quitter l’UE, on est une démocratie ! », insiste de son côté Suzanne Nicholson, venue du Yorkshire, à plus de 300 km de la capitale, et pour qui manifester est devenu une « routine… jusqu’à ce qu’on soit sorti ».

Immédiatement après avoir rejeté le Traité de Brexit, les députés britanniques se prononcent mercredi sur la possibilité de sortir de l’UE sans aucun accord, alors qu’il reste seize jours avant la date prévue du divorce. C’est l’option dite du « no deal », réclamée par une partie des Brexiters qui imaginent un Royaume-Uni florissant, capable de nouer des accords commerciaux ambitieux à travers le monde à compter du 29 mars.

Ce scénario, synonyme d’un retour des formalités douanières, inquiète en revanche les milieux économiques. Ils n’ont cessé de lancer des avertissements ces derniers mois, entre effondrement de la livre et flambée des prix des importations.

LQ/AFP

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