Après de nouvelles frappes sur le Liban, Israël a annoncé que, malgré les protocoles d’accord, l’armée continuerait de traquer le Hezbollah.
L’armée israélienne a averti qu’elle continuerait à «mener des opérations pour éliminer les menaces» du mouvement pro-iranien Hezbollah au Liban, après avoir mené de nouvelles frappes qui ont fait 11 morts dans le sud du pays. Dans un communiqué, elle affirme avoir frappé des «infrastructures» du Hezbollah en réponse au lancement de deux drones chargés d’explosifs en direction de ses soldats, ajoutant qu’elle continuerait à agir «tout en restant attachée à l’accord de cessez-le-feu».
L’armée israélienne a multiplié ces derniers jours les frappes meurtrières dans le sud du Liban. Selon le ministère libanais de la Santé, deux enfants et quatre femmes figurent parmi les onze personnes tuées dans la nuit de dimanche à lundi dans le bombardement d’un immeuble résidentiel de Kfar Remmane. L’immeuble de trois étages a été entièrement détruit, laissant apparaître des manuels scolaires et des restes de meubles éparpillés parmi les décombres.
Dans son communiqué, l’armée israélienne a affirmé avoir pris des mesures pour «minimiser» les dommages collatéraux et dit être en train d’«examiner les allégations faisant état de victimes» civiles. Par ailleurs, deux soldats israéliens ont été légèrement blessés dans une fusillade avec un homme qui était retranché dans un bâtiment près des vestiges de la forteresse de Beaufort, capturée le mois dernier par Israël dans le sud du Liban, a indiqué l’armée israélienne dans un communiqué séparé.
Une «dangereuse escalade» selon le Liban
L’auteur des tirs a été abattu et les forces israéliennes ont «frappé des stocks d’armes, des centres de commandement et d’autres infrastructures» appartenant au Hezbollah, a affirmé l’armée. Le Hezbollah a entraîné le Liban dans le conflit régional en lançant début mars des attaques contre Israël en soutien à l’Iran, son allié. Les représailles israéliennes ont fait plus de 4 300 morts, selon les autorités.
Si les hostilités ont faibli depuis juin à la suite d’un protocole d’accord américano-iranien et d’un accord-cadre entre le Liban et Israël, l’armée israélienne maintient des opérations sporadiques dans le sud, où elle occupe toujours une bande frontalière d’une dizaine de kilomètres.
Jeudi, Israël avait annoncé avoir pris le contrôle de la crête montagneuse Ali Taher, qui servait de position stratégique au Hezbollah à Nabatiyé. Le mouvement libanais n’a pas confirmé. Après les frappes de dimanche, le président libanais Joseph Aoun a exhorté Washington et la communauté internationale à «faire cesser» les attaques israéliennes, dénonçant une «dangereuse escalade».
Depuis vendredi, 27 personnes ont été tuées dans des frappes sur le sud, selon un nouveau bilan du ministère de la Santé. «Le Hezbollah continue d’essayer de reconstituer ses capacités militaires dans le sud du Liban. Ces violations ne seront pas tolérées», a écrit lundi sur X le ministère israélien des Affaires étrangères.
De nouveaux pourparlers sont attendus ce mois-ci entre responsables libanais et israéliens, bien qu’aucune date n’ait été annoncée.