La Hongrie a « violé le droit de l’Union » en « stigmatisant et marginalisant » les personnes LGBT+, a tranché mardi la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE).
Elle confirme « que la politique d’exclusion et de stigmatisation du gouvernement Orban n’a pas sa place au sein de l’UE », soulignent ces ONG, qui se félicitent aussi que la Cour constate « pour la première fois une violation des valeurs communes ».
Ce litige constitue un des plus retentissants bras de fer sur le thème des droits humains opposant le gouvernement hongrois du nationaliste Viktor Orban à ses partenaires de l’UE.
Au total seize pays membres, ainsi que le Parlement européen se sont joints à l’action en justice intentée par la Commission, la première concernant un Etat membre. Bruxelles avait annoncé la saisine de la CJUE en juillet 2022.
Depuis l’entrée en application de la loi hongroise, il est interdit aux médias audiovisuels de diffuser du contenu LGBT pendant la journée et aux magasins de vendre des produits sur le thème LGBT dans un rayon de 200 mètres autour des églises et des écoles.
Certaines librairies ont été condamnées à des amendes pour avoir diffusé des romans graphiques et d’autres titres comportant des personnages LGBT dans leurs sections jeunesse, avait dénoncé l’ONG Reclaim qui défend ces minorités sexuelles.
Après 16 ans de pouvoir, Viktor Orban, qui a fait de la défense des droits des enfants et des valeurs familiales un de ses credo, a perdu les élections législatives du 12 avril.
Son successeur, le conservateur Peter Magyar, a adressé dès le soir de sa victoire un message à la communauté LGBT+, déclarant que la Hongrie avait décidé qu’elle voulait être un pays où « personne n’est stigmatisé pour aimer autrement ou d’une manière différente de la majorité ».